Train de banlieue : un projet trop coûteux pour être viable

Olivier Racine-Lessard
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Pour tous ceux qui rêvaient de voir déambuler un train de banlieue sur le chemin de fer sillonnant la Côte-de-Beaupré et de l’utiliser pour se rendre au travail à Québec en se sauvant du trafic, n’y pensez plus à court ni à moyen terme. Le comité consultatif du transport en commun a confirmé dans les derniers jours que pour ce qui est du territoire de la MRC, ce type de transport ne serait pas viable.

Le Train du Massif de Charlevoix est revenu sur les rails le 19 mai dernier. Près de 200 départs sont prévus jusqu’au 21 octobre 2012. Mais ses mêmes rails n’accueilleront pas de train de banlieue à court ou à moyen terme.

Le Centre Local de Développement (CLD) s’est intéressé dans les derniers mois au phénomène «train de banlieue» et a voulu savoir s’il était possible de voir se développer ce genre de projet sur la Côte. «On voulait savoir si c’était possible ou si on rêvait en couleur !», explique Éric Desaulniers, conseiller municipal à Beaupré et également membre du comité de consultation du transport en commun.

Dans le but avoué de ne pas trop dépensé pour obtenir un aperçu de la faisabilité d’un tel projet, au lieu de commander une étude complète et rapport étayé, le CLD a plutôt décidé d’engager un expert spécialisé en transport ferroviaire du nom de Michael Kierans. En évaluant le poids démographique actuel et sa possible augmentation de 35% au cours des 25 prochaines années, la masse critique n’est tout simplement pas suffisante, selon l’expert, pour être rentable.

Coûts d’implantation et d’exploitation

La facture qui découlerait de l’implantation d’un train de type «push-pull» (train qui va dans les deux sens sans être pivoté) coûterait 2M$ simplement pour l’achat du train. «2M$ pour le train ce n’est pas si pire, mais le problème c’est qu’après, il en coûte aussi tout près de 2M$ à faire rouler chaque année selon les évaluations minimales de notre expert», confirme M. Desaulniers. «C’est au bas mot 3500$ qu’il en coûterait chaque jour seulement en opération, et ça, c’est sans compter toutes les autres dépenses qui entoureraient la mise en place d’un train !», ajoute le conseiller.

Déception… mais pas tant que ça !

Pour le conseiller de Beaupré, M. Desaulniers, cette confirmation n’est pas en soi une déception. «En autant qu’on ait un transport collectif qui fonctionne, qui augmente de mois en mois comme c’est le cas actuellement avec PLUMobile, on a une autre alternative. Ça aurait été ben le fun d’avoir un train, mais il faut être réaliste, on ne peut pas se permettre un train qui nous coûte 2M$ par année à opérer», avance-t-il.

Même son de cloche du côté de l’Alliance Affaires de la Côte-de-Beaupré. «Même s’il n’y a pas de train de banlieue, ça n’empêche pas de développer le transport collectif entre les différentes municipalités, entre Québec et ici, et dans les deux sens», mentionne Marie Langlois, coordonnatrice de l’Alliance. «On parle déjà de différents moyens d’augmenter l’offre de transport collectif en collaboration avec Marc-André Avoine du CLD notamment, pour aider nos travailleurs à se rendre à leurs emplois. Il y a d’autres solutions à considérer», conclut-elle.

Possibilités touristiques

Malgré qu’il a été démontré qu’elle ne serait pas viable à titre de transport collectif, la venue d’un train sur le territoire n’est pas totalement exclue. «Il pourrait y avoir un produit touristique du genre du train de Charlevoix que l’on voit déjà mais ce n’est pas encore sur la table», confirme Éric Desaulniers.

Organisations: Marc-André Avoine du CLD, Centre Local, Alliance Affaires de la Côte-de-Beaupré

Lieux géographiques: Beaupré, Côte, Québec Charlevoix

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