Été chaud et sec : les vignerons se réjouissent

Jean-Manuel
Jean-Manuel Téotonio
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Contrairement aux agriculteurs, les vignerons de la Côte-de-Beaupré se réjouissent de l’été chaud et sec. La qualité de leurs vins devraient être particulièrement élevée, en autant que cette température persiste en août et en septembre.

Les vignerons de la région profitent des conditions climatiques chaudes et sèches.

«La vigne est contente et les vignerons aussi», se réjouit Lise Roy, copropriétaire du vignoble Isle de Bacchus à l’île d’Orléans. Les viticulteurs contactés ont tous indiqué que la saison était en avance de deux à trois semaines. C’est notamment le cas au vignoble Isle de Bacchus, où le raisin a déjà commencé à colorer. «C’est du jamais vu», raconte Donald Bouchard, copropriétaire.

Il explique que la vigne est un arbre dont les racines vont en profondeur, contrairement à celles des plants de certains petits fruits et légumes, qui restent davantage en surface. La vigne peut donc aller chercher son eau plus en profondeur dans la terre. «Si on devait choisir entre un été de sécheresse ou de pluie, on choisirait la sécheresse», illustre M. Bouchard.

Vin de meilleure qualité

La température chaude et sèche donne plus de maturité aux raisins, ce qui permet de retrouver davantage de sucre dans le fruit, selon Jean-Louis Crête, copropriétaire du Domaine L’Ange-Gardien. Un raisin plus sucré permet de diminuer l’acidité du vin, un problème que les viticulteurs combattent habituellement en ajoutant du sucre. Si la saison se poursuit comme les dernières semaines, cet ajout ne sera pas nécessaire.

Marcellin Turcotte, propriétaire du vignoble du Mitan, s’attend à avoir de meilleurs produits. «Avec des raisins contenants plus de sucre naturel, ça va donner de meilleurs produits. Le vin sera moins acide et plus aromatique», indique-t-il. M. Crête ajoute pour sa part que les arômes seront plus développés et plus complexes qu’à l’habitude. «On ne sera plus dans les arômes primaires, mais bien dans les arômes secondaires», précise le vigneron.

Les maladies sont moins fréquentes lorsque le temps est chaud et sec. Cela permet de diminuer les pertes. Les viticulteurs restent tout de même vigilants. «La chaleur amène aussi des maladies alors on fait le même arrosage sanitaire», explique M. Bouchard, de l’Isle de Bacchus.

Un mois et demi décisif

Malgré tout, les vignerons ne crient pas victoire pour autant. La qualité de leurs récoltes dépendra de la température d’ici la fin septembre. «S’il pleut beaucoup en septembre, le sucre sera dilué dans le raisin et on perdra en concentration», affirme M. Bouchard. Dans le jargon, cela donne un vin «mouillé», c’est-à-dire qui goûte l’eau. «On est très content, on a une belle avance mais il faut attendre au final», selon M. Bouchard.

Les vignerons contactés ne prévoient pas devancer leurs vendanges, qui ont lieu à la fin septembre et au début d’octobre. Ils souhaitent tirer le maximum de la maturation des raisins. Et que peut-on leur souhaiter comme température d’ici aux récoltes? «Que ça continue comme ça!», espère M. Crête.

Lieux géographiques: île d’Orléans, Domaine L’Ange-Gardien

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