La Fondation Rivières contre Hydro-Canyon

Jean-Manuel
Jean-Manuel Téotonio
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Jugeant les impacts des travaux trop importants et qu’Hydro-Québec y perdrait de l’argent, la Fondation Rivières a déposé une demande d’audience publique au Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour qu’il se penche sur le projet d’Hydro-Canyon.

Une soixantaine de citoyens ont assisté le 26 septembre à une séance d’information sur le projet hydro-électrique.

Le BAPE recevait jusqu’au 22 octobre dernier les demandes pour que soit tenue une audience publique concernant le projet d’aménagement hydroélectrique sur la rivière Sainte-Anne du Nord, à Saint-Joachim.

Alain Saladzius, vice-président de la Fondation Rivières, estime que le caractère naturel de l’endroit doit être conservé. Selon lui, les travaux «vont modeler de façon importante le paysage». Il pense notamment que les chemins escarpés qui seront empruntés pour faire la construction de la centrale endommagera la nature et que la construction de la digue en amont affectera le paysage

M. Saladzius s’inquiète aussi du débit de la chute, qui sera moindre en dehors des heures d’ouverture du Canyon Ste-Anne. Le débit minimum au printemps, en été et en automne sera de 0,4m3/s et il atteindra 0,25 m3/s l’hiver. Un débit minimum plus important sera maintenu pendant les heures d’ouverture pour conserver la valeur esthétique du site. Il croit que le bas niveau de la rivière en dehors des heures d’ouverture sera mauvais pour les poissons, qui risquent de rester coincés dans les roches selon lui. Les débits minimaux prévus seraient suffisants pour les poissons, estime le promoteur. De plus, il compte faire un suivi de cinq ans pour voir si les mesures prises pour favoriser les conditions des poissons sont bien faites et efficaces.

Pertes

Le vice-président de la Fondation juge qu’Hydro-Québec perdrait de l’argent avec le projet. Selon lui, la Société d’État dispose de surplus d’électricité et elle vendrait à perte celle produite à St-Joachim. «Il est important d’avoir une réflexion là-dessus», estime M. Saladzius. Le promoteur avance que le projet engendrerait des retombées de 36 M$ pour Saint-Joachim et la MRC de La Côte-de-Beaupré pendant les 22 mois de construction. Les redevances annuelles pour Saint-Joachim sont estimées à 528 000$ pendant 20 ans.

Déception

Le maire de Saint-Joachim, Marc Dubeau, se dit déçu des arguments apportés par la Fondation Rivières. «Ce sont de mauvaises informations qu’ils font circulées, déplore M. Dubeau. Ils pensent que la rivière sera asséchée, mais ce n’est pas du tout le cas.»

Il croyait aussi que l’organisme avancerait des arguments davantage environnementaux qu’économiques. M. Dubeau et l’équipe d’Hydro-Canyon préparent actuellement leurs arguments pour une éventuelle audience publique. D’ailleurs, le maire de Saint-Joachim a demandé une rencontre avec la première ministre et députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Pauline Marois, pour connaître la position du gouvernement sur ce dossier. Il attend toujours une réponse.

La décision de tenir ou non une audience publique du BAPE reviendra au ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Daniel Breton. Le BAPE enverra un compte-rendu de la ou des demandes pour une audience publique dans une dizaine de jours. À partir de ce moment, le ministre prendra sa décision et la communiquera à un moment qu’il déterminera lui-même.

 

L'Autre Voix, membre du Groupe Québec Hebdo

Organisations: BAPE, Fondation Rivières, Hydro-Québec Québec Hebdo Hydro-Canyon

Lieux géographiques: Saint-Joachim, Rivière Sainte-Anne du Nord, Canyon Ste-Anne MRC de La Côte-de-Beaupré Charlevoix-Côte-de-Beaupré

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  • Gélic
    24 octobre 2012 - 19:30

    Heureusement que des citoyens s'intéressent autant à l'avenir de nos paysages et de notre environnement qu'aux revenus de firmes comme AXOR opérant sous charte fédérale, revenus payés par nous via Hydro-Québec. Si au moins nous avions besoin de cette électricité. De fait elle sera probablement livrée au tiers du coutant pour le bénéfice des entreprises américaines. Oublions les lobbyistes qui endorment nos honnetes citoyens.