La Grande Muraille à petits pas

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Deuxième chronique en direct de l'Asie

Grande Muraille de Chine

Toute petite, j'en rêvais. Cette fameuse muraille dans le nord de la Chine, qui prend naissance près de la mer et s'évanouit dans le désert. Cet ouvrage deux fois millénaire, jalonné de tours de guet, qui serpente dans les montagnes verdoyantes. J'ai tenté de transmettre cette fascination à mes enfants, plus excités par des portes automatiques que par un mur de terre et de pierre.

Seule construction humaine visible de l'espace? Légende urbaine, ou plutôt spatiale. Mur impénétrable? L'Histoire prouve qu'il n'a pas empêché l'invasion de la Chine. Il faut dire qu'il ne s'agit pas d'un ouvrage continu, mais bien de tronçons, dont certains ont mieux survécu au temps. À Badaling, la muraille a survécu grâce à l'invasion touristique. Stands de souvenirs, chaînes de restauration rapide, stationnement à perte de vue, téléphérique, vendeurs ambulants... Mais aussi, des images de carte postale, des vues époustouflantes et surtout, avec deux jeunes enfants, une meilleure accessibilité.

Nous avons choisi une entrée plus reculée, gravi la muraille, puis opté pour la direction où la foule ne se pressait pas. Nous avons marché, encore marché, gravi des volées de marche si escarpées que les enfants avaient besoin de leurs mains et que Frédéric , souffrant de vertige, a dû prendre son courage à deux mains, traversé des tours de guet, pris la pose pour la postérité, fait des pauses pour reposer nos mollets... Progressivement, le bourdonnement humain a fait place au chant des grillons. Il faisait plus de 30 degrés et le soleil plombait.

À 888 mètres d'altitude, adossés à une tour de guet, nous avons fait un pique-nique. Pendant que Frédéric crémait les enfants contre le soleil, je crémais de photos le paysage vertigineux. À perte de vue, des collines couvertes de verdure, sur lesquelles la Grande Muraille de Chine serpente à perte de vue. D'un côté, tout plein de petits points colorés grouillant sur l'enceinte, pointant sûrement leur appareil photo vers nous. De l'autre, le mur presque désert, doré par le soleil.

C'est l'endroit que Louka a choisi pour s'assoupir. Suant à grosses gouttes, les 40 livres du plus jeune appuyées sur son épaule, Frédéric a traversé les tours de guet, descendu les marches, pris la pause pour des touristes chinois assoiffés de bébé Blanc aux yeux bleus fermés, marché, marché... Ses jambes bien musclées tremblaient comme celles d'un vieux atteint de Parkinson. Louka, imperturbable, s'est réveillé de retour à Beijing. Infatigable, Manu a insisté toute la journée pour jouer à «Tu ne m'attraperas pas» en courant sur la muraille.

Trappes à touristes

Place Tian'anmen, nous nous étions laissé approcher par des vendeurs d'excursions à la Grande Muraille. Après quelques recherches et une série de courriels, nous avons opté pour un tour privé offert par l'un d'eux. Une fourgonnette, un chauffeur et un guide juste pour nous. Pour sauver une cinquantaine de dollars, nous avons accepté un de ces fameux «shopping tours». En plus de la muraille, quelques arrêts supplémentaires sont imposés. Au programme ce jour-là: jade, soie et thé. Le tour-opérateur reçoit 100 yuans (environ 16$) à chaque escale. Tout le monde y gagne, sauf les touristes qui ne savent pas résister à l'incroyable insistance des vendeurs. Mais nous n'étions pas dupes. Dans le pire des cas, avons-nous évalué, les enfants pèteront leur coche et ce sera à nos «hôtes» de composer avec la situation.

Avant la muraille, nous avons fait un bref arrêt dans une fabrique de jade. Notre guide nous a montré un superbe bateau à 50 000$, nous a fait frotter la bedaine d'un bouddha qui porte chance, nous a brièvement expliqué dans un anglais approximatif le processus de fabrication d'objets de jade, puis nous a suivis pas à pas dans l'immense boutique, où nous n'avons visité que les toilettes, à sa grande déception.

De retour à Beijing, nous avons fait un saut au «musée» de la soie. Là encore, une guide nous a montré d'un air blasé le processus de transformation de la soie. J'en retiens que des vers à soie, c'est succulent en brochettes. Ne comptez pas sur moi pour le confirmer! Quelques minutes plus tard, elle nous a abandonnés dans le gigantesque magasin, où nous devions obligatoirement rester une demi-heure. Nous avons joué à la cachette dans les vêtements de soie, au grand désespoir des vendeurs.

Nous avons conclu la journée dans une maison de thé. Attablés, nous en avons dégusté quatre sortes, écoutant d'une oreille distraite les explications de la maîtresse de cérémonie, une stagiaire qui jetait des coups d'œil empreints d'inquiétude à la dame qui la surveillait. Toutes deux ont ensuite épuisé pendant de longues minutes leurs arguments pour nous vendre du thé à un prix exorbitant, avant de nous laisser partir à contrecœur.

Bilan? Nous avons perdu près de deux heures. Nous n'avons pas dépensé un sou. Notre tour-opérateur a empoché 300 yuans. Nous avons épargné 50$. Tout le monde y a trouvé son compte! Et notre guide, dans tout ça? Waffany (le nom qu'elle a choisi pour les Occidentaux, allez savoir pourquoi) ou Huang Hue de son véritable nom (ça sonne comme «one way», a-t-elle précisé) ne nous a même pas accompagnés sur la muraille! Elle ne servait qu'à nous guider d'une boutique à l'autre et à empocher un pourboire à la fin. À défaut d'être utile, elle était fort sympathique.

Escapade à Tianjin

Hier, nous avons fait une escapade d'une journée à Tianjin. Cette petite ville - une agglomération de «seulement» 13 millions d'habitants, officiellement - est située à 30 minutes en train de Beijing. Pour une bouchée de riz, le TGV relie les 120 kilomètres qui séparent les deux villes, environ la distance Montréal - Trois-Rivières. La demande est si forte qu'un train bondé part toutes les 15 minutes!

Par endroits, cette charmante ville à davantage des airs européens que chinois. Ancienne concession étrangère, Tianjin jouit d'un statut spécial. Les Anglais, les Français, les Allemands, les Italiens et les Belges, notamment, s'y sont installés, ce qui se reflète dans l'architecture.

Après avoir longé le fleuve Hai, nous avons fait un saut au Walmart. Par curiosité. En Chine, cette grande surface, puissant symbole de la (sur)consommation à l'américaine, vend des cous de poulet crus sur de la glace et propose aux acheteurs impulsifs une multitude de condoms à la caisse. Mais impossible d'y trouver des couches pour enfants de plus de 17 kg ou de quoi tailler la barbe d'un Frédéric viril!

Nous avons poursuivi notre escapade sur la rue de la Culture classique, dans la vieille ville. Une multitude de petites boutiques plutôt touristiques sont rassemblées le long de cette allée piétonne, où seuls quelques vélos, motos, autos et camions circulent. Au bout de la rue, c'est là que tout a dégénéré.

Nous voulions faire une croisière sur le fleuve, mais le tour-opérateur refusait de partir à l'heure prévue si le bateau n'était pas plein. Nous voulions monter la tour du Tambour pour jouir d'une vue sur le smog de la ville, mais elle était fermée. Nous avons marché dans le quartier des légations, mais nos jambes commençaient à fatiguer. En attendant notre train, nous voulions nous arrêter prendre une bière, un café, un jus, n'importe quoi, mais nous n'avons rien trouvé. Si agréable soit-elle, la ville entière se liguait contre nous!

Louka dormait dans la poussette et partout, ce n'était qu'escaliers et clôtures. Monte, descend, monte, descend, lève la poussette à bout de bras, je grommelle, Frédéric grogne, Manu chiâle... Ça va faire! Notre train est dans quatre heures, mais nous n'attendrons pas plus longtemps. Après avoir fait trois fois le tour de l'immense gare - monte, descend, monte, descend, lève la poussette en pestant contre les escaliers roulants en panne -, nous trouvons finalement le fameux guichet. Le commis se curait les ongles en nous attendant. Je lui explique à l'aide de quelques simagrées que nous voulons échanger nos billets pour le prochain train. Trente secondes plus tard, c'est fait! À Tianjin, faire une croisière, grimper une tour ou boire une bière, mission impossible, mais échanger un billet de train, pas de problème! Louka, imperturbable, s'est réveillé dans le wagon.

Un café à 32 degrés

Il fait 32 degrés à l'ombre. Je suis attablée à un café Starbucks. Au diable l'authenticité! Le thé, c'est bien bon, mais je suis une caféinowoman aguerrie. Mes papilles protestent chaque matin, quand j'ose leur servir un café instantané, le seul disponible dans les épiceries que nous fréquentons. Nous croisons peu d'Occidentaux à Beijing, même dans les zones plus touristiques. En ce moment, ils sont tous attablés à la même terrasse que moi! Le prix de mon café équivaut à celui d'un repas pour toute la famille dans un des boui-bouis de l'autre côté de la rue.

Frédéric est parti à l'aventure avec les gamins, à la recherche de pneus de rechange pour sa voiture téléguidée. Quand il le sort, son joujou pique la curiosité des Chinois. Peu importe la langue, des «oh!» et des «ah!», c'est universel! Car même à Beijing, peu de Chinois semble parler l'anglais. Il suffit que Frédéric sorte sa mini-bagnole pour qu'un attroupement se forme. En fait, peu importe où nous allons, il semble toujours y avoir un attroupement à Beijing!

Même au parc du Temple du Ciel, où nous nous sommes reposés le lendemain de notre escapade à la Grande Muraille de Chine. Il faut payer pour accéder à cet immense espace vert au centre de Beijing. Probablement parce que contrairement à nous, ceux qui y pénètrent visitent aussi le célèbre temple. Avec deux gamins particulièrement actifs et audibles, nous avons évité de troubler la quiétude des lieux.

Pour la première fois depuis notre arrivée en Chine, nous avons pu les laisser se dégourdir à leur guise. Ici, pas de danger de se faire frapper par une moto roulant à plein gaz sur le trottoir. Pas de risque de se perdre dans la foule dense des places publiques. Frédéric s'amusait avec sa voiture téléguidée pendant que je prenais un moment pour ne rien faire en compagnie de Mémé, une petite Chinoise qui m'avait adoptée. Manu et Louka couraient partout, discutaient avec les visiteurs, prenaient la pose pour les caméras... On entendait un chœur chanter, je ne saurais dire dans quelle langue. Nous avons conclu la journée par la visite des hutongs du centre-ville, ces étroites ruelles où l'action ne manque pas en soirée. Brûlés, nos rejetons se sont assoupis sur la table d'un restaurant.

Les espaces verts ne manquent pas au cœur de Beijing. Nous avons un coup de cœur pour le parc Beihai, où on peut louer un petit bateau pour naviguer sur un immense lac. Encore faut-il que le vent ne souffle pas plus fort qu'une simple brise, sans quoi le moteur électrique de notre embarcation est trop feluette pour nous ramener à bon port! Qu'à cela ne tienne, Louka était un fier capitaine. Une charmante promenade au bord de l'eau permet d'observer les pêcheurs, les nageurs et les ramasseurs d'algues, tout en dépassant les plaisanciers dans les pédalos et les bateaux à moteur! Manu a été charmé par deux oiseaux gobe-sous, entraînés pour aller chercher l'argent que leur tendent les touristes et le déposer dans une tirelire. Ils refusent toutes les pièces plus petites qu'un yuan!

Samedi soir, après une dizaine de jours dans la capitale, nous mettrons le cap sur Pingyao (ajoutez plein d'accents bizarres sur les voyelles). Nous voyagerons en train de nuit, dans des conditions atroces. Nous voulions réserver une cabine avec quatre couchettes. Plus disponible. Nous nous sommes donc rabattus sur la seule option possible: deux couchettes dans un compartiment ouvert en comptant six, empilées sur trois étages. Avec un passager au-dessus de nous et un en-dessous, nous tenterons de dormir avec chacun un enfant sur nous. Si le voyage en avion s'est bien déroulé, je pressens que cette nuit dans le train sera catastrophique! Je vous en redonne des nouvelles dans quelques jours... si nous survivons!

 

L'ASIE EN BREF...

Envie de pipi entre deux courses? Pas de problème dans la capitale chinoise! Des toilettes publiques gratuites et tout à fait convenables sont bien indiquées sur la voie publique. Selon un de nos guides de voyage, Beijing serait la ville qui compterait le plus grand nombre de toilettes publiques au monde! Les champs chinois seraient en partie fertilisés au fumier humain. «Pousse, pousse, pousse, les bons-bons légumes...»

Ce n'est pas parce qu'on s'est acheté un véhicule qu'on a le droit de le conduire à loisir. Pour limiter les bouchons de circulation monstres de la métropole, les conducteurs ne peuvent prendre le volant qu'un jour sur deux. Je n'ai pas pigé toute la subtilité du système, mais selon la plaque d'immatriculation, on peut circuler à certains endroits seulement les jours pairs ou impairs.

Quand les portes du métro ouvrent, tout le monde tente de s'engouffrer à l'intérieur avant même que les passagers soient sortis. Pas très courtois. Mais à la vue d'un enfant ou d'un aîné, tout le monde insiste pour céder sa place.

Partout en ville, que ce soit sur les terre-pleins ou même en bordure des voies ferrées, le regard peut se perdre dans la verdure et les fleurs. Une attention particulière est portée aux aménagements paysagers. Les arbres plantés un peu partout à Beijing ne viennent toutefois pas à bout du smog...

Tous les jours, à 5 heures le matin, des balayeurs de rue s'activent dans les principales artères de la capitale. Les rues sont propres à l'arrivée des travailleurs et de la foule.

Les Chinois savent cuisiner de succulentes pâtisseries et viennoiseries! J'ai dégusté des croissants et des pains aussi bons que ceux qu'on peut trouver à Paris. Il suffit de rechercher une enseigne avec un nom en français pour saliver de bonheur. Je ne sais pas si les Français oseraient certaines saveurs (peut-être destinées aux femmes enceintes), comme le pain à la patate douce et à la citrouille que Louka a engouffré!

Beijing a son propre système de vélos en libre-service, comme les Bixi de Montréal. Toutes les stations que nous avons croisées, sauf une, étaient vides! Au nombre de cyclistes qu'on croise dans les rues, nous avons cru que ces bicyclettes étaient victime de leur popularité. Nous avons mis du temps à comprendre que ce nouveau système allait être mis en service de façon imminente.

À Beijing, la mode est aux oreilles de toutou! Certaines jeunes filles fixent de petites oreilles de chat, de léopard ou de lapin sur leur tête à l'aide de barrettes. J'ai évidemment les miennes!

Les véhicules semblent toujours avoir priorité sur les piétons. Le petit bonhomme du feu pour piétons invite à traverser? Les véhicules tournant à gauche foncent tout de même dans le tas, tout comme ceux tournant à droite au feu rouge, et les vélos et les motos ignorant les lumières. Les piétons s'arrêtent, cèdent le passage, sous peine de se faire klaxonner. Nous n'avons été témoin d'aucun accident, mais il faut avoir des yeux tout le tour de la tête dès qu'on pose le pied sur la chaussée.

En Chine aussi, il y a des moineaux. Ils n'ont pas les yeux bridés.

 

À lire...

Nihao de Chine - 1re chronique

Train-train quotidien - 3e chronique

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  • Hélène Métivier
    17 juin 2012 - 21:35

    J'apprends tellement en te lisant! et je ris, aussi... quel courage, j'en suis essouflée juste à penser à toutes vos péripéties, mais quel aventure fascinante ce doit être! à la prochaine chronique!

  • Fred
    17 juin 2012 - 13:07

    Nous nous sommes donc manqué! Je n'ai pas souvenir d'avoir vue la tour du tambour ouverte, même dans les premiers mois après la restauration il y a environ 8 ans de cela. Tianjin est une ville de centre d'achat, un peu le Laval de la Chine! Ce n'est pas véritablement une ville touristique. Outre les concessions (datant des guerres de l'opium -1840 et 1860), il n'y a rien de véritablement historique à voir. Il y a bien le quartier de la tour du tambour et la rue de l'ancienne culture, mais elle ont été entièrement reconstruite il y a 8-9 ans et elle n'ont rien de commun avec ce qui y était juste avant. Petit correction sur un chiffre, la population c,est 13 millions d'habitant, auxquels nous pouvons ajouter entre 3 et 5 millions de travailleurs migrants (qui n'ont pas de droit de résidence à Tianjin --hukou) Bonne fin de périple!

    • Marilaine Bolduc-Jacob
      Marilaine Bolduc-Jacob
      21 juin 2012 - 22:38

      Bonjour Fred, Nous nous sommes peut-être croisés à Tianjin sans le savoir. Quoique nous sommes facilement repérables dans une foule! Ce jour-là, toutes les conditions n'étaient pas réunies pour que nous succombions au charme de la ville, mais nous avons quand même apprécié cette escapade à partir de Beijing. Un Laval chinois... Belle analogie! Vous avez raison quant à la population. Mes sources, un guide de voyage réputé et un site lié au tourisme, avaient tout faux. Vérification faite, j'ai apporté la correction dans le texte, afin de ne pas induire d'autres lecteurs en erreur. Bon séjour en Chine!

  • Geneviève
    10 juin 2012 - 14:28

    Il est facile de vous imaginer grâce à ta plume imagée! Marilaine, oseras-tu accompagner l'un de tes prochains textes d'une photographie de toi portant fièrement tes petites oreilles de chat (ou autre animal) sur la tête? hi! hi! À l'heure qu'il est votre voyage en train doit être derrière vous - ouf! Vous apprécierez le confort de votre prochain studio;-) À bientôt! Geneviève -xxx-

  • Caroline Caron
    08 juin 2012 - 06:14

    C'est toujours génial de te lire. Et je revois voler les tapis marocains quand tu fais allusion à l'aide de tes enfants pour vous sortir d'un mauvais pas commercial...! Vous n'êtes pas des proies faciles, bravo! En train de déjeûner en te lisant, je salive à l'idée des viennoiseries et pain à la citrouille... miam, la bouffe exotique... Bonne continuité, et j'espère que vous survivrez tous (y compris vos voisins) à votre périple en train. ;)

  • alexandra godin
    07 juin 2012 - 21:28

    Salut à toute la famille, Mélissa et moi on se régale de vos articles. On a décidé de faire un jeu avec les enfants «où sont Manu et Louka» et on va afficher tes articles à la garderie ( si vous êtes d'accord) pour que les parents puissent les voir et suivre vos aventures. Prenez soin de vous et amusez-vous Alexandra