Cet honneur a été attribué par la Manifestation internationale d'art de Québec pour la qualité de son exposition À grand déploiement, présentée en février 2008 à l'Oeil de Poisson (Coopérative Méduse de Québec).
L'artiste de 30 ans reçu son prix des mains du maire de Québec, Régis Labeaume, lors de la remise qui regroupait près de 150 personnalités du milieu culturel et artistique des régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches.
«Il s'agit pour moi d'une belle reconnaissance pour mon travail. C'est important pour moi d'être reconnue dans ma région, après avoir exposé dans plusieurs villes du Québec», a confié Julie Picard en entrevue à L'Autre Voix.
«J'ai besoin de m'implanter dans ma région et cette exposition à l'Oeil de Poisson a porté fruits. Ça donne envie de rester ici, à Boischatel, où je suis née, plutôt que d'aller à Montréal», a souligné celle qui gagne sa vie comme technicienne comptable au Centre de services en développement durable à Québec. Elle y effectue des travaux pour une trentaine d'organismes sans but lucratif dans les secteurs environnemental, culturel et communautaire.
Le Prix Videre (signifie voir en latin) Relève était accompagné d'une bourse de 500 $ offerte par la Caisse d’économie solidaire Desjardins de Québec, la Faculté d’aménagement, d’architecture et des arts visuels de l’Université Laval et Manifestation internationale d’art de Québec. Le Prix Videre Relève souligne la récente production d’un(e) artiste de la scène émergeante s’étant démarqué(e) de la programmation artistique de la région de Québec.
Privilégiant une approche écologique de l’art, Julie Picard travaille surtout les matières recyclées, en particulier le papier. Sa première exposition solo, À grand déploiement, se voulait une installation sculpturale grand format sous forme de fresque constituée de l’accumulation de modules faits de papier journal récupéré. «J'utilise une technique d’assemblage que j'ai créée et que j'appelle 'en alvéoles'. Il s'agit d'une technique de collage de feuilles de papier que j'ai perfectionné au fil des années. Chaque module est d'abord construit à plat, aussi mince qu'un livre. Une fois séché, le collage est déployé, formant ainsi une structure volumineuse très légère. Cette technique amplifie les feuilles. Le papier s'ouvre en alvéoles souples et flexibles, faisant écho aux mailles d'un tricot», a précisé la bachelière en Arts plastiques de l'Université Laval. «La transformation du papier dans ce projet s’inspire d'ailleurs librement du textile. Je mets ici à profit ma formation suivie à l'École des Métiers d'Art de Québec. L'œuvre demeure éphémère par les matériaux utilisés, soit le papier journal récupéré et une colle biodégradable», a ajouté celle qui a réalisé plusieurs résidences de création dont la Cité internationale universitaire à Paris, en 2006.
Exposition transportable«Les modules sont ensuite découpés afin de leur attribuer une forme symétrique. Déployables, les modules contiennent leur double identique. Chaque module est différent mais semblable, comme issu de la même famille. Les sculptures sont démontables et peuvent être recomposées sous différentes formes et à différents endroits», a commenté Mme Picard qui a bénéficié du soutien à la relève artistique de la Capitale-Nationale dans le cadre de son exposition.
Son Journal intime à MontréalLa gagnante du prix du public du Festival Beauport en neige 2007 a eu l'honneur de créer des origamis pliables et portables lors de l'inauguration du Centre culture et environnement Frédéric Back, le 30 octobre, au centre-ville de Québec.
Parmi ses projets à court terme, elle participera à la fin février 2009 à l'événement Nuit blanche Montréal en sous-terrain alors qu'elle exposera son œuvre Journal intime qui représente un cornet de crème glacée.
