• Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • Commenter (3)
  •  

Quand critiquer signifie désobéir

Alexandre Côté

Alexandre Côté

Publié le 4 Juin 2012
Publié le 4 Juin 2012
Alexandre Côté  RSS Feed

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on a assisté, au Québec, à un printemps mouvementé. Bien que la tension semble avoir descendu d’un cran, à quoi devons-nous nous attendre pour l’automne prochain? Tout au cours du printemps, on a été témoins de différentes actions entreprises par des individus ou groupes sociaux. La mouvance qui s’est d’abord concentrée dans les milieux étudiants semblait, à la fin du printemps, avoir rejoint une partie de la population qui n’avait rien à voir avec les étudiants et dont les préoccupations débordaient largement la simple question des droits de scolarité.

Sujets :
Ces actions , Québec Hebdo , Montréal , Europe

Manifestations, campagnes dans les médias sociaux, débrayages d’étudiants ne sont que quelques exemples de moyens de pression qu’on a vus être mis en application par les étudiants, associations et simples citoyens insatisfaits de la situation politique actuelle. Au-delà de ces méthodes plutôt classiques, on a assisté à l’émergence de ce que les médias et le gouvernement qualifient de désobéissance civile. Cette question nous rattrapera bien assez vite puisqu’à la reprise des cours le mois prochain, les associations étudiantes toujours en grève seront, selon la loi 78, dans l’interdiction de tenir des lignes de piquetage ou de manifester aux abords des institutions d’enseignement.

Qu’est-ce que c’est?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le terme "désobéissance civile" est employé de façon plutôt large et confuse par les différents acteurs politiques. Grossièrement, on nous laisse entendre que ça va de la simple manifestation pacifique spontanée à l’explosion de bombes fumigènes dans le métro de Montréal, en passant par les actions de perturbation économique, le maintien des lignes de piquetage malgré les injonctions demandant leur démantèlement, le blocage de ponts ou les actions directes dirigées le plus souvent vers les institutions financières. Ces quelques exemples montrent que le terme "désobéissance civile" est souvent utilisé de façon générale pour toute action, violente ou non, qui diffère d’une manifestation classique et qui vise soit la population, l’économie ou le gouvernement.

Le rôle d’un gouvernement doit se résumer de la façon suivante : assurer la gestion de l’État dans l’intérêt de la plus grande majorité, c’est-à-dire assurer le bien commun. Les lois, les règlements, les orientations et les décisions que le gouvernement adopte doivent impérativement respecter ce principe qui est le fondement de la démocratie.

Au sens littéral, la désobéissance civile implique qu’un gouvernement dicte des lois ou des mesures et qu’une partie de la société civile refuse de s’y soumettre. Or, ceux qui en viennent à ce genre de moyens d’action font souvent le raisonnement suivant : si les orientations du gouvernement ne servent pas la majorité, mais plutôt une minorité qui forme les mieux nantis, contrevenant du coup au rôle qu’il est sensé jouer, le concept de désobéissance devient alors bien relatif. Ceux qui posent des actes non violents, tels que des manifestations spontanées, l’occupation d’une banque ou la perturbation d’une activité d’un parti politique, pratiquent évidemment de la désobéissance envers les volontés du gouvernement. Mais, de leur point de vue, on peut aussi penser que le gouvernement "désobéit" lui-même aux fondements démocratiques qui l’enjoignent à exercer son pouvoir dans l’intérêt de la majorité. Les activistes qu’on voit à l’œuvre depuis quelques semaines ont en quelque sorte la conviction de désobéir aux désobéissants. Dans cette optique, on doit donc voir une immense différenciation entre les actes violents disgracieux qui peuvent prendre la population en otage et ceux non violents qui visent le gouvernement, et malheureusement qui sont souvent tous qualifiés sans distinction de désobéissance civile.

La démocratie

Ces actions s’inscrivent aussi de façon plus large dans un questionnement de l’état de la démocratie. Est-ce qu’un gouvernement, élu par 24% des électeurs, a la légitimité de poser des actions qui vont fort possiblement à l’encontre du bien commun? Est-ce que la démocratie se résume à voter et ensuite à se taire pendant 5 ans? Est-ce qu’il est acceptable, compte tenu des dérives qu’ont déjà connues certaines démocraties en Europe et ailleurs, qu’un gouvernement vote des lois qui vont à l’encontre du principe démocratique incontestable de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire? Est-ce qu’il est acceptable, dans le même sens, qu’un gouvernement réduise les droits et libertés, tel que défini par la Constitution? Et finalement, où se situe la limite entre désobéissance civile et désobéissance gouvernementale? L'Autre Voix, membre du Groupe Québec Hebdo

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Yves Giguère
    - 16 Juillet 2012 à 08:02:15

    Je crois que les étudiants peuvent manifester, mais qu'ils doivent le faire en respectant le reste de la population, ne pas briser de voitures, ni lancer d'objets aux gens, quand la manifestation est annoncée aux policiers celle-ci est plus contrôlée. Bonne journée.

    Commentez

  • Nom de l\'usager
    Trudel J.
    - 11 Juin 2012 à 01:34:08

    Quelqu'un qui désobéit à la loi 78 ou qui incite à le faire, trace son chemin vers la prison....

    Commentez

    • Nom de l\'usager
      Guylaine Duclos
      - 11 Juillet 2012 à 14:00:21

      Si quelqu un désobéi il dois payer pour ce qu il fait

Commentez

Commentez (Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

Infolettre

Inscrivez votre courriel et recevez nos nouvelles dès leur parution !

Inscription aux nouvelles en direct

Publicité