Pourtant les sources d'information abondent

François
François Cattapan
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Alors que le XXIe (21 pour les ignares) siècle s'annonce comme le début d'une ère dominée par les technologies de l'information, laissant miroiter la promesse qu'il n'aura jamais été si facile de trouver des sources pour mieux comprendre et tout connaître, le vertige nous gagne à l'occasion lorsqu'on capte à l'improviste une bribe de conversation ou une parcelle d'opinion. On a beau être à l'époque de l'économie du savoir, il apparaît indéniable qu'une partie de la population s'apprête à manquer le train, tant elle continue à véhiculer des chimères et des demi-vérités.

Le problème vient sans doute du fait que devant l'abondance des publications, stations de radio et chaînes de télé, auxquels médias traditionnels s'ajoutent désormais Internet et sa multitude d'options dérivées, le commun des mortels ne sait plus où donner de la tête. Dans un tel contexte, mieux vaut lâcher la téléréalité ou autres sources de potinage à la mode et garder le peu de temps qui reste dans une journée, pour référer à des médias sérieux permettant de saisir toutes les facettes d'un enjeu d'actualité. Aussi, gare aux ragots du village, même global. Car, en plus d'enfler la rumeur, ils font souvent mal paraître devant un public averti.

Un exemple récent de malentendu exaspérant concerne l'exposition «Bodies» (pas de français pour les conquis). Un lecteur plaidait dans un quotidien de Québec l'argument voulant que les gens soient assez évolués et respectueux pour apprécier avec dignité et recueillement un étalage de muscles, d'organes et d'os provenant de cadavres de nos semblables. Or, la polémique ne réside pas là. Le souci avec cette exposition, c'est que les corps proviennent de prisons chinoises et que les organisateurs ne peuvent démontrer le consentement de nos congénères en vitrine. Pire, connaissant le régime autoritaire du pays de Mao, il se pourrait que l'événement expose des personnes innocentes exécutées pour des motifs politiques. On est donc loin du corps offert à la science pour l'avancement de la connaissance!

Encore récemment, une tribune radiophonique sur les ondes d'une station trop prompte à donner la parole à des gens incapables d'exprimer une pensée cohérente, plutôt qu'à des experts en mesure d'éclairer leur réflexion, faisait le procès des substituts du cannabis en vente libre. Le débat faisait rage entre l'option de tout interdire ou de tout permettre. Pourtant, comme en toute chose de la vie, il y a place pour un peu de nuances. Si les substances en question procurent les mêmes sensations euphorisantes que la drogue ou l'alcool, la Loi interdit déjà de conduire ou de travailler avec les facultés affaiblies. Pas besoin d'une enfilade de commentaires obtus pendant trois heures pour trancher sur le sujet!

Autre preuve que les connaissances tendent à se perdre avec le temps au lieu de se perpétuer, on observe régulièrement de mauvaises interprétations du Code de la sécurité routière. Outre les nombreux chauffards irrespectueux de la signalisation, il est des plus stressants de suivre un citadin peu habitué à prendre la route, qui actionne les clignotants d'urgence de sa voiture dès qu'il tombe une pluie forte ou une neige abondante. Clignotants d'urgence, ça le dit : c'est pour signaler une situation d'urgence (panne, accident, etc.) avec un véhicule immobilisé. Pas pour signifier qu'on a peur et tromper les autres automobilistes sur la présence d'un obstacle sur leur chemin!

Et, que dire du désolant prétexte «j'étais pas né», servi allégrement par nos contemporains pour justifier leur ignorance? L'âge n'empêche pas de savoir que l'Homme a marché sur la Lune en 1969, qu'il y a eu une guerre mondiale en 1939-45, ou que les Romains dominaient au temps de Jésus…

Lieux géographiques: Québec

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