Deuil du ministre Béchard sur fond de résurrection des Nordiques

François
François Cattapan
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

La vie peut être à la fois si belle et tellement cruelle. Comme s'il était nécessaire de s'en convaincre, nous en avons eu une autre désolante démonstration cette semaine. Ainsi, pendant que le jeune et fougueux ministre libéral, Claude Béchard, s'éteignait après un long combat contre le cancer, le premier ministre du Québec, Jean Charest, redonnait espoir à toute une communauté en garantissant le financement à hauteur de 45 % d'un futur amphithéâtre multifonctionnel à Québec. La vie s'arrêtait donc sur une brillante carrière politique, mais pourrait reprendre pour les Nordiques après plus de 15 ans d'éclipse dans la Ligue nationale de hockey.

Claude Béchard, ancien ministre québécois décédé du cancer à l'âge de 41 ans.

Certes boiteuse, l'analogie démontre tout de même tant la fragilité que l'ingratitude de notre existence. Le premier ministre, qu'on a rarement vu aussi attristé, se trouvait retenu par des fonctions officielles, tandis que l'un de ses plus fidèles et proches collaborateurs rendait son dernier souffle. Il aura appris la nouvelle en rentrant de sa rencontre avec le maire de Québec, Régis Labeaume, qui aura finalement obtenu le coup de pouce tant attendu pour ajouter une pierre à l'édifice d'un futur Colisée. La journée du mardi 7 septembre 2010, retour de la fête du Travail, restera marquée par des sentiments partagés. D'une part, l'inquiétude suivie de la tristesse de voir disparaître un être promis à un bel avenir politique et, d'autre part, l'enthousiasme et la joie de pouvoir espérer la renaissance d'une équipe professionnelle qui a autrefois dynamisé toute une région.

Politicien apprécié autant que redouté, la mort de Claude Béchard ne laisse personne indifférent par son côté dramatique. Homme engagé dans sa circonscription et dévoué pour l'ensemble du Québec, il était habité par une rare passion pour la politique et le service public. En plus d'être un décideur authentique, il incarnait les idéaux de sa génération à qui le tour venait d'assurer les destinées de la province. Outre la perte d'un serviteur du peuple aux qualités de rassembleur et de meneur que les observateurs de toute allégeance lui reconnaissaient, les aspects les plus désolants de cette fin tragique résident dans ses dommages collatéraux sur le plan humain. Le cancer est un fossoyeur aveugle et sans pitié, qui fauche trop de vies en notre ère de supposée modernité. Et, sa récidive après une première rémission s'avère la pire des déceptions. Plus encore, dans une société où il y a tant de choses à améliorer, le talent anéanti avant même qu'il se soit pleinement épanoui vient à bout de bien des ferveurs. Mais avant tout, il n'y a rien de plus crève-cœur qu'un père dynamique et aimant, qu'on arrache dans la fleur de l'âge à une famille de quatre enfants. Non, 41 ans, ce n'est pas censé être une échéance en 2010.

Souhaitons que ce jour triste n'ait pas d'effet néfaste sur le projet d'amphithéâtre et de possible retour des Nordiques. Tel qu'admis, le lien reste forcé entre les deux événements survenus la même journée. Il n'en demeure pas moins qu'il faudra mettre à profit certains enseignements du perspicace disparu, afin de rester alerte et honnête dans cette démarche. On a beau rêver de hockey professionnel, de spectacles de vedettes internationales et de Jeux olympiques, à ce jour il n'y a toujours aucune étude pour garantir leur succès financier dans un modeste bassin de population comme Québec. Encore moins leur réalisation sans cannibaliser d'autres secteurs plus fragiles de notre économie régionale…

Lieux géographiques: Québec, Travail

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires