Enthousiasme aveugle pour l'amphithéâtre

François
François Cattapan
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La frénésie s'est littéralement emparée de Québec, le 10 février dernier, lors de l'annonce officielle du financement public de la construction d'un nouvel amphithéâtre. Le plan B du maire Labeaume consiste donc à aller de l'avant sans attendre une confirmation de contribution de la part du gouvernement fédéral. Du coup, les deux principaux partenaires allongent davantage de deniers publics. La contribution de 50 % du provincial pour ce projet sommairement estimé à 400 M$ pourrait donc passer de 175 à 200 M$. Considérant l'apport d'une quinzaine de millions du groupe J'ai ma place, la part de la Ville grimpe de façon majeure de 50 à 185 M$. Un bond astronomique qui a refroidi les ardeurs de plusieurs chauds partisans du projet, dont certains meneurs de claques radiophoniques qui en ont pourtant fait largement la promotion ces derniers mois.

Le projet de construction d'un nouvel amphithéâtre se confirme à Québec. Toutefois, crainte de dépassement de coûts soulève un doute quant à sa conception en bois d'ici.

Dans l'enthousiasme général, on semble avoir laissé plusieurs questions en suspens. Au premier chef, la crainte que l'empressement du maire Labeaume à vouloir profiter de l'impulsion favorable au partenariat avec le privé pour la gestion de l'infrastructure et des événements à y tenir, incluant le retour d'une équipe de hockey professionnelle, puisse se répercuter sur le compte de taxes municipales. Le risque est bien réel lorsqu'on considère que la participation financière du fédéral n'est pas acquise ni même estimée. Celle-ci peut être de 10, 100 M$ ou plus, comme de zéro. S'ajoute le fait que la Ville agira comme maître d'oeuvre du chantier, ce qui implique sa responsabilité pour tout dépassement de coût. Or, on se doute bien qu'un bâtiment de cette envergure évalué à environ 400 M$ en 2010, pourrait bien coûter plus cher à sa livraison prévue en 2015.

L'inquiétude de voir la Ville de Québec se débrouiller seule advenant une facture dépassant le plafond fixé à 400 M$ pour la participation provinciale commence à se répandre. La belle unanimité relative du début fait graduellement place à une opposition grandissante. On a même vu apparaître un groupe sur Facebook qui réclame un référendum sur le financement du nouvel amphithéâtre de Québec. L'euphorie du moment s'estompe et l'implacable réalité des chiffres prend le dessus. Certains aspects restés nébuleux lors de la conférence de presse tenue dans le vétuste Colisée refont surface avec d'autant plus d'acuité. Ainsi, qu'en est-il du voeu de bâtir la nouvelle infrastructure multifonctionnelle en bois de nos forêts? Où seront les stationnements si on implante l'amphithéâtre à l'angle Hamel-Laurentienne plutôt que sur le site quasi fantôme de l'hippodrome? D'ici à la coupure de ruban annoncée pour l'automne 2015, restera-t-il des fonds dans les coffres de la Ville pour promouvoir la culture et d'autres projets urbains?

À cette dernière interrogation, on peut certes se consoler et saluer le fait que l'administration Labeaume jumelle le projet d'amphithéâtre à la relance du secteur de la Pointe-aux-Lièvres. On y prévoit d'ailleurs l'émergence d'un écoquartier, ainsi que l'amélioration de la desserte du transport en commun. Or, encore ici, il faudra des investissements pour concrétiser ses rêves urbanistiques. Et, même si tout se déroule tel qu'espéré, une incertitude demeure. Elle concerne la capacité réelle de la région à soutenir une équipe de LNH. On aurait l'air cave de revendre les Nordiques une seconde fois…

Organisations: Groupe sur Facebook, LNH

Lieux géographiques: Québec, Secteur de la Pointe-aux-Lièvres

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