Chat abandonné : remords pour une sans-cœur

François
François Cattapan
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Les habitués de cette chronique seront surpris par son propos personnel. En effet, il est rare que je m'apitoie sur mon sort et que je livre mes états d'âme. De plus, mon intention initiale était d'aborder le sujet de l'heure à Québec, la gestion du futur amphithéâtre à être construit avec nos fonds publics confiée à l'empire Quebecor, dans l'espoir de créer des emplois locaux alors qu'il vient d'en éliminer plus de 150 sans sourciller dans le règlement douloureux du lock-out interminable à son journal #1. Il y a là matière à disserter et à s'inquiéter pour l'avenir de la profession de journaliste. Ce sera pour une autre fois, car une sans-cœur a foutu ma semaine en l'air par sa cruauté envers les animaux. Depuis, j'ai des remords à sa place pour le sort du chat qu'elle a abandonné à la rue.

Comme bien des chats abandonnés, Grigio mérite un nouveau foyer.

Pour résumer la situation qui m'afflige, disons qu'une voisine écervelée comme il en existe dans tous les quartiers – quand ce n'est pas un voisin, car la bêtise humaine n'a pas de sexe – est retournée à Montréal d'où elle venait, en oubliant son chat derrière elle. Comme c'est souvent le cas chez les jeunes couples de nos jours, son idylle amoureuse avec un militaire de la région de Québec n'aura finalement durée que le temps des fleurs. Sitôt l'été terminé, la voilà qui faisait ses malles et rentrait dans la métropole. Le cœur asséché, elle n'a pas cru bon ramener le jeune chat gris qu'elle avait déraciné quelques mois auparavant. Durant les belles journées d'automne, le minet devenu matou n'avait pas trop de mal à survivre, mais après les grands froids nocturnes sous les -20 °C de janvier et février, c'était moins évident.

Voulant faire une bonne action, ma conjointe et moi avons commencé à nourrir le chat errant à l’extérieur et tenter de l'apprivoiser dans l'espoir de le sauver, comme nous l'avons fait avec les deux chats que nous hébergeons déjà. Après plusieurs semaines de cohabitation passive sur notre balcon, nous avons entrepris de faire de ce chat gris abandonné notre troisième pensionnaire. Après quelques visites dociles à l'intérieur, nous l'avons donc attrapé afin de l'amener chez le vétérinaire, pour soigner ses engelures, son oeil malade, passer un examen général, suivi des vaccins d'usage, d'un toilettage et rasage de sa fourrure cotonnée, ainsi que d'une stérilisation. Coût total : 380 $. Rien de trop beau pour Grigio!

Hélas, au bout de quelques jours, il est apparu évident que l'adaptation avec les deux minets de la maison serait impossible. Comme le chat était rasé, il était impensable d'être aussi insensibles que l'ex-voisine et de le relâcher à la rue. Nous avons dû nous résoudre à l'amener à la SPA de Québec, avec son petit dossier médical, ses preuves de vaccin et de stérilisation, en insistant pour qu'on lui donne une nouvelle chance d'adoption. Cela nous brise le coeur. Nous sommes profondément attristés de n'avoir pas réussi à relever le défi de devenir le nouveau foyer d'un chat d'à peine deux ans qui n'a rien demandé d'autre que de rendre une famille heureuse. Et de voir d'autres gens faire la file avec leurs minets dans les bras, parce que malades, trop vieux ou incompatibles, a été une expérience des plus déchirantes.

Il faut saluer le travail exceptionnel que fait la jeune équipe de préposés à la SPA de Québec. Attentionnés et très efficaces, malgré la désuétude de l'ancien garage de mécanique qui leur sert de refuge pour la Capitale, ils méritent notre admiration et notre appui dans leur projet de relocalisation. Entre temps, espérons qu'un bon samaritain viendra pour adopter Grigio, il a bien besoin d'une maison paisible où reprendre confiance en l'humain…

Organisations: SPA de Québec

Lieux géographiques: Montréal, Région de Québec

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  • annie leblanc
    27 juin 2013 - 00:04

    J'ai un animalerie très bien.Les gens nous jugent par rapport à notre métier.Mais savez vous le nombre de chatons que nous nous faisons offrir tous les jours?Sincèrement nous prenons ceux que nou pouvons.......les autres nous devons les laisser aller...Les gens disent :tu les prends ou je les tues....si ma cage est pleine ...désolée...nous n'avons pas de refuges dans notre région pour les chats.Nous les traitons contre les puces , etc....mais les faire opérer trop cher encore dans notre region ,nous faisons ce qu'on peut .... D'une personne avec un grand espoir pour cette cause.

  • Renée Savard
    13 mars 2011 - 20:07

    Bonsoir M Cattapan, Un simple mot pour vous remercier pour le tendre geste déployé envers ce chat abandonné. S'il y avait plus de samaritains comme vous, les animaux domestiques seront aux anges.

  • Marie Josée
    08 mars 2011 - 17:25

    Bonjour, Je ne coyais pas possible qu'en 2011 des gens sans coeur laisse derrière eux leur animal: en feraient-ils de même avec des enfants. J'ai quatre chats dont trois viennent de l'extérieur, mon petit dernier est né dehors et a été abandonné par sa mère qui elle avait été abandonné par des voisins. Quand, enfin, les gens réfléchiront-ils aux conséquences, adopter un animal n'est pas que pour 2 mois ou 2 ans mais pour toute sa vie et il nous le redonne en nous aimant tout simplement.

    • Suzanne Fortin
      10 mars 2011 - 07:56

      Et bien je ne sais pas dans quelle ville vous êtes mais dans mon quartier, des chats dont les propriétaires ne s'occupent pas il y en a et des chats sans aide non plus. Et comme vous dites les chats devenus grands font des petits et les petits grandissent aussi bref, ç aveut dire que des chats il y en a trop même ceux que les gentils propriétaires nourissent s'ils ne sont pas stérilisés ça continue. Ces chats font des dégats et laissent tellement d'odeur et de maladies que je ne peux profiter de ma cour. Pauvres petits!!! Et moi qui me plaint??? je crois qu'il faudrait immédiatement stériliser tous ces chats.

  • marie
    08 mars 2011 - 00:45

    Bonsoir, Merci d'avoir pris soin de lui, monsieur. Vouslu avez rendu un peu de dignité...pour la sans-coeur...pas de bons mots...il y a des imbéciles, des sans jugements...j'aurais envie de les asseoir sur une banquise avec rien à manger et de les laisser à leur propre sort...ile ne mériteraient que ça. Les animaux n'ont aucune protection...c'est de la cruauté pûre et simple. merci encore pour lui, m

  • Dominique Coussié
    08 mars 2011 - 00:34

    En lisant votre article, je ne peux m'empêcher de penser à mes 6 chats, ex errants, nés dehors ou abandonnés par des maîtres sans cœur...Qui sont à présent installés chez moi.Bravo à vous Monsieur d'avoir tenté de le sauver en lui offrant un foyer, ce n'est pas toujours facile d'adapter un nouveau chat avec ceux déjà à la maison. Pour ma part, un de mes 6 chats au bout de plusieurs mois à le nourrir est toujours aussi peu approchable, méfiant, craintif et sauvage, il me tolère assez proche, vient boire ou manger, mais si je bouge un tant soi peu, il va vite se cacher, il a accès à mon cabanon, c'est tout pour l'instant ce qu'il accepte, qu'a t'il vécu avant qui explique cette crainte....Merci à vous d'avoir mis le triste sort des chats errants ou abandonnés en évidence.