Or, de l'avis de principaux acteurs économiques, cet objectif ambitieux ne pouvait être atteint si nos institutions n’ont pas les ressources suffisantes pour s’acquitter correctement de leur mission d’enseignement et de recherche. Au Québec, il y a un large consensus voulant que les universités souffrent d’un sous-financement d'environ 500 M$ par année. Les besoins sont immenses et, avec l'évolution technologique accélérée, tout retard peut s'avérer néfaste.
Les principales associations d'entrepreneurs du Québec ont d'ailleurs interpellé le gouvernement provincial à ce sujet, dès la préparation du budget 2011-2012. Cet exercice devait apporter des preuves tangibles que le gouvernement accorde la priorité à l’éducation et qu’il se soucie en particulier de la qualité de l’enseignement universitaire. Des mesures ont été prises en ce sens et, si elles peuvent déplaire à certains regroupements étudiants, il va de soi que le principe de l'utilisateur-payeur s'applique.
Déjà, lors des consultations publiques prébudgétaires, les chefs d'entreprises ont insisté sur les grands avantages offerts par le système universitaire du Québec malgré son coût moindre que partout ailleurs. Plusieurs aspects en ce sens ont été soulevés afin de justifier un début de redressement de la situation. Dans une missive collective, le Conseil du patronat et la Fédération des chambres de commerce mentionnent que :
- la contribution du gouvernement du Québec au financement des universités est plus élevée que celle des autres provinces;
- les entreprises québécoises participent à des projets conjoints de recherche avec les universités dans une proportion comparable à celles des autres entreprises canadiennes. Elles fournissent également des sommes considérables en subventions. En 2009, les contributions des entreprises aux fonds de recherche subventionnée représentaient 11 % au Québec contre 8,7 % au Canada;
- les étudiants québécois contribuent beaucoup moins au financement de leurs études que dans les autres provinces canadiennes. En effet, ailleurs au Canada, les droits de scolarité comptent pour 25 % des recettes totales des universités. Au Québec, cette part des étudiants ne représente que 12,7 %. Les droits de scolarité sont en moyenne de 2 415 $ au Québec, comparativement à 5 138 $ ailleurs au Canada. Et pourtant, la participation aux études universitaires n’est pas plus élevée au Québec que dans les autres provinces.
On ne peut donc qu'être en accord avec l'intention du gouvernement de ramener un certain équilibre en matière de contribution des étudiants à leur propre développement. Surtout que le rattrapage se fera graduellement, sur plusieurs années, et que le Québec demeurera l'un des endroits les plus abordables pour étudier. Il importe toutefois de s'assurer que les prêts et bourses seront indexés, afin que les étudiants provenant de famille à faible revenu préservent la même accessibilité aux études universitaires…

