Sabordage souverainiste au PQ

François
François Cattapan
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Tout voguait trop doucement sur la scène politique québécoise. Avec un gouvernement libéral en perpétuelle difficulté malgré tant d'efforts et de Plan Nord, il semblait assuré que la règle d'alternance allait favoriser le Parti québécois lors des prochaines élections. Il suffisait de faire bonne figure dans l'opposition et de proposer une alternative de bonne gestion pour l'avenir du Québec afin d'espérer reprendre le pouvoir et, qui sait, faire la démonstration qu'il est viable de devenir souverain sans y perdre sa chemise. Or, tout a basculé à l'approche de la Fête nationale. Depuis la mi-juin, on dirait que les forces souverainistes font tout pour saborder le projet de former un bon gouvernement avant d'aspirer à davantage d'autonomie.

La mesquinerie assombrit l'avenir du PQ, pourtant prometteur jusqu'à tout récemment.

La démission en bloc des députés péquistes vedettes Louise Beaudoin, Lisette Lapointe et Pierre Curzi a fortement ébranlé les fondations du parti créé il y a 40 ans par René Lévesque. Basé sur le prétexte de ne pouvoir faire fi des sacro-saintes convictions démocratiques, ce refus de suivre la ligne de parti dans la saga du projet de loi privé visant à protéger le partenariat pour la gestion du nouveau Colisée de Québec a fait jour à la vile mesquinerie qui dégoûte tant les électeurs de la politique actuelle. Plutôt que de se rallier à un projet qui fait l'unanimité, le trio a préféré marquer sa dissidence au point de fragiliser sa formation et, pire encore, la cause qu'on dit pourtant vouloir défendre autrement et avec davantage de vigueur.

Drôle d'attitude. À tel point qu'on peut se demander s'il n'y a pas un fond de jalousie derrière ce geste d'éclat, qui vient contrecarrer les plans de la chef Pauline Marois promise à devenir la première première ministre du Québec… si la tendance avait pu se maintenir. On saisit mal autrement l'intention d'une députée comme Louise Beaudoin, qui avait déjà laissé filtrer son désir de ne pas se représenter aux prochaines élections. Pierre Curzi ne se fait pas plus limpide dans son projet de coalition des forces souverainistes pour mener à bien le projet, alors que la meilleure façon de promouvoir la cause consiste justement à prendre le pouvoir au sein du PQ et à éveiller la ferveur nationaliste grâce à une saine gouvernance de l'état.

Quant à Lisette Lapointe, cela semble être un trait de famille de manquer de pif et de vision. Son illustre mari, Jacques Parizeau, a déjà raté un grand rendez-vous avec l'histoire en refusant de contribuer au sauvetage des Nordiques de Québec à la veille du référendum sur la souveraineté en 1995. Si on considère qu'il ne manquait que quelques milliers de voix et que c'est dans la capitale que les scores ont été plus faibles que prévus, l'équation s'avère assez simple à faire. Voilà donc que Mme Lapointe ratera à son tour un rendez-vous historique puisqu'elle claque la porte et affaiblit le parti autrefois dirigé par son conjoint, s'exécutant aussi sur le dos des Nordiques et d'un nouvel amphithéâtre, mais pour leur retour 15 ans plus tard.

Il appert que les intellectuels ont un réel don pour se casser les dents sur le sport. Et ce, même si le hockey, notre sport national, fait partie intégrante de notre identité culturelle. Or, une telle réalité semble difficile à admettre pour un regroupement de râleurs indépendantistes mu par l'empressement sinon l'égoïsme. Hélas, lorsqu'on n'est pas capable de serrer les rangs pour appliquer la stratégie du «tous pour un», on finit avec zéro pour tous…

Organisations: Parti québécois, Fête, Colisée de Québec Nordiques de Québec

Lieux géographiques: Québec, Plan Nord

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  • Beaupré G.
    14 juillet 2011 - 22:40

    Les démissions des ces députés est une bonne chose. On voit ce que ces députés valent. Pas chère. Ils ont été élus sous la bannière Péquiste et après être élus ils se retirent du parti. Ils ne devraient pas recevoir de salaire comme député et démissionner immédiatement et ce sans salaire. Mme.Marois va sortir grandie de tout ce brouhaha. Mme.Marois on vous appuie.