Déceptions en succession de nos dirigeants politiques

François
François Cattapan
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Le monde de la politique n'a pas fini de surprendre par son empressement à précipiter certains projets qui émanent de nulle part et de décevoir par sa lenteur à prendre certaines décisions autant que par son iniquité dans la répartition des deniers publics. Cette semaine, trois exemples provenant de chacun des paliers de gouvernement viennent illustrer cette réalité et renforcer le cynisme ambiant.

Parmi les «grandes» décisions politiques de la semaine, l'industrie de la construction fera l'objet d'une timide commission d'enquête non contraignante. (Photo archives)

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D'abord, on peut se demander d'où vient cette nécessité subite invoquée par le maire de Québec, Régis Labeaume, pour réduire le nombre d'élus au conseil municipal de la capitale? Surtout que depuis les fusions municipales les représentants du peuple sont passés de plus d'une centaine à l'époque des 13 villes de la Communauté urbaine de Québec à 37 dans la nouvelle ville unifiée. De plus, ce total a déjà été ramené à 27 conseillers à la faveur d'une réduction de huit à six arrondissements. Le nouveau recul à 21 élus municipaux ne semble donc avoir aucun fondement pratique ni économique dans une ville de quelque 500 000 habitants. À moins que ce ne soit pour faire disparaître au passage les rares conseillers indépendants. Il est à souhaiter que le ministre des Affaires municipales ne donne pas suite à cette demande. Surtout, s'il n'a pas l'intention de compenser cette perte de représentativité citoyenne par l'accroissement des pouvoirs des conseils de quartiers…

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Ensuite, la décision - après des mois de consensus général dans toutes les sphères de la société - de tenir une Commission d'enquête sur l'industrie de la construction par le premier ministre du Québec, Jean Charest, a de quoi laisser perplexe. Si on peut saluer cette décision stratégiquement bien mûrie de la part des dirigeants libéraux - qui ne veulent assurément pas vivre le même purgatoire que leurs grands frères fédéraux à la suite de la Commission Gomery sur le scandale des commandites politiques - rapidement le désenchantement s'installe. Plusieurs questions fusent, d'autant plus que les associations professionnelles des principaux intéressés (architectes, ingénieurs et entrepreneurs) se montrent satisfaites de la formule non contraignante retenue. En effet, pourquoi soustraire la commission à la loi portant spécifiquement sur cet outil politique qui sert justement à faire la lumière et, éventuellement, le ménage dans une industrie ou un domaine problématique? Comment obtenir des faits et des preuves, si les principaux acteurs ne sont pas contraints de comparaître?? À quoi sert une commission qui n'en est pas une et dont le rapport sera habillement déposé dans deux ans, soit après les prochaines élections???

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Enfin, l'annonce que le méga contrat fédéral de construction de navires militaires et de recherche nordique sera divisé entre Halifax (25 G$) et Vancouver (8 G$), en laissant le moribond chantier Davie à Lévis le bec à l'eau, a de quoi indigner la région et la province de Québec. Dans ce dossier où seulement les trois principaux chantiers maritimes du pays se faisaient la lutte (Davie étant le plus gros), il appert qu'il aurait été d'une logique et d'une simplicité enfantine de diviser le juteux contrat garant d'avenir à long terme entre les trois entreprises nationales. Belle occasion manquée de mieux répartir les deniers publics. On a bien hâte que les députés conservateurs de Lévis, Beauce et Montmagny viennent nous chanter les louanges de l'importance de «voter du bon bord» aux prochaines élections…

Organisations: Affaires municipales, Commission d'enquête sur l'industrie de la construction, Commission Gomery

Lieux géographiques: Province de Québec, Lévis, Vancouver Beauce Montmagny

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