La politique pharmaceutique du Québec doit être évaluée en bloc – et non en pièces détachées

Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Voici une lettre d’opinion rédigée par le président de Pfizer Canada, monsieur Paul Lévesque, à la veille de l’événement Bio Contact, un événement majeur de l’industrie biopharmaceutique au Québec, qui se tient les 6 et 7 octobre au Château Frontenac de Québec. En tant que leader de l’industrie, Pfizer souhaite envoyer un message clair quant à l’avenir de l’industrie dans le cadre de cet événement. M. Lévesque est originaire de Québec et diplômé de l’Université Laval et de l’Université McGill.

La démarche multidimensionnelle adoptée pour donner de l’élan au secteur biopharmaceutique québécois au cours des 30 dernières années constitue l’un des grands triomphes de la politique publique du Québec.

Elle s’est traduite par des résultats impressionnants, faisant du Québec le pôle de la recherche biopharmaceutique au Canada – avec les milliards de dollars d’investissements et les milliers d’emplois qui en découlent. Représentant seulement 25 % de la population canadienne, le Québec attire près de 45 % des investissements des entreprises pharmaceutiques en recherche-développement au pays.

Outre les emplois de pointe – tant directement dans les entreprises pharmaceutiques qu’indirectement chez les centaines de fournisseurs de biens et de services auprès desquels elles s’approvisionnent –, les universités, les hôpitaux et les établissements de recherche du Québec ont immensément profité des investissements de l’industrie et de la création d’une masse critique de compétences spécialisées. Sans compter que des millions de Québécois ont bénéficié des vaccins et des traitements mis à leur disposition, d’où une amélioration considérable de la santé globale et de l’espérance de vie au cours des dernières décennies.

L’un des principaux éléments ayant contribué au succès de cette politique sectorielle est la compréhension mutuelle entre le gouvernement et l’industrie biopharmaceutique, qui travaillent de concert pour créer un milieu qui profite largement au Québec en entier. Non seulement le dialogue permanent promis entre le gouvernement et les compagnies pharmaceutiques est une bonne chose, mais le gouvernement doit, au-delà du dialogue, améliorer ses politiques pour demeurer concurrentiel sur la scène mondiale.

C’est dans cet esprit que l’on s’est récemment penché sur les critiques soulevées par certains à propos de la « règle de 15 ans », politique qui donne la possibilité aux patients et aux médecins de choisir entre le produit d’origine et sa copie (appelée un générique) lorsqu’elle est lancée sur le marché. Cette politique a pour but d’encourager l’industrie pharmaceutique novatrice à poursuivre ses travaux de recherche-développement ici au Québec.

La province profite des investissements réalisés par le maintien de la règle de 15 ans. Par exemple, au cours des dix dernières années, Pfizer a fusionné successivement à l’échelle mondiale avec trois grandes entreprises pharmaceutiques, et chaque fois le Québec a récolté plus que sa part d’emplois, sans compter que le siège social de Pfizer Canada est demeuré à Montréal. À chaque fusion, on a déplacé les activités de ces entreprises au siège social de Montréal. En outre, plus tôt cette année, Pfizer a annoncé une restructuration majeure de ses activités de fabrication dans le monde devant se traduire par l’abolition de 6000 postes et la fermeture de nombreuses usines. Or l’une des usines ayant échappé au couperet est celle de Pfizer à Saint-Laurent, qui emploie plus de 900 personnes, dont 200 à des postes de R-D.

Comment a-t-on pu créer et conserver ces emplois au Québec? C’est principalement en raison du contexte favorable attribuable aux politiques québécoises de longue date. Les entreprises pharmaceutiques à vocation de recherche travaillent aujourd’hui plus que jamais dans un contexte mondial. Mes plus grands concurrents dans l’obtention d’investissements de Pfizer au Canada et au Québec sont mes collègues des filiales étrangères. Heureusement, les politiques du Québec me permettent de préserver les investissements existants et d’en attirer de nouveaux.

Si la politique biopharmaceutique québécoise connaît tant de succès, c’est qu’on en a élaboré et géré chaque élément en tenant compte non seulement de leurs effets immédiats ou directs, mais aussi de leur adéquation avec le cadre politique de l’industrie dans son ensemble et de la possibilité d’en retirer des avantages à longue échéance. Il faut éviter de limiter ses vues à des éléments individuels dans l’immédiat.

Nous devons nous assurer que ces politiques continuent d’être examinées collectivement et à la lumière de leurs avantages à long terme, et non en pièces détachées qu’on peut remanier à volonté pour réaliser des gains éphémères à très court terme, mais dommageables à moyen et à long termes.

Paul Lévesque, président de Pfizer Canada

Organisations: Pfizer Canada

Lieux géographiques: Québec, Canada, Montréal Saint-Laurent

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires