Abolissons les étudiants!

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Comme vous le savez, un mouvement de grèves étudiantes s’étant sur le Québec depuis maintenant plusieurs semaines. Les étudiants ont utilisé divers moyens et tribunes pour faire entendre leurs revendications et arguments. Malgré l’ampleur du mouvement qui constitue un précédent, le Gouvernement libéral de Jean Charest reste sur ses positions et les deux parties n’ont même pas entrepris de pourparlers. Or, lorsqu’on entend les arguments du Gouvernement qui sont aussi repris par une part importante de la population, on pourrait croire que les étudiants sont les pires escrocs de la société, qu’ils sont en quelque sorte à la base de tous nos problèmes. Le sous-financement des universités, les abus de programmes sociaux, la surconsommation des jeunes tous des prétextes qui encouragent le Gouvernement à serrer la vis aux étudiants. Une minute…

Dénonçons les abus

Les étudiants ont le dos large mais il ne faudrait pas commencer à prendre tout ce que le Gouvernement Charest dit pour du cash. La ministre nous dit que les étudiants doivent, comme tout le monde, faire leur juste part. Tout le monde s’entend pour dire que la classe moyenne en fait déjà amplement assez. Or, la très grande majorité des étudiants sont issus de cette fameuse classe moyenne tout comme leurs familles et après avoir terminé leurs études ils en feront toujours partie. Donc, augmenter les frais de scolarité tel que proposé n’est ni plus ni moins que d’augmenter une fois de plus le fardeau fiscal d’une partie importante de la classe moyenne. De plus, il est bien difficile de croire que tout le monde fait sa juste part au niveau fiscal, lorsqu’on étudie de façon très superficielle les impôts des grandes entreprises. Selon la Chaire d’études socio-économique de l’UQAM, entre 2004 et 2009, ce qui inclut les années du ralentissement économique, les six plus grosses banques canadiennes ont cumulé plus de 80 milliards $ de profit et n’ont payé sur ce montant qu’une faible moyenne de 20% d’impôt. C’est l’équivalent d’un vol en plein jour et ce avec l’assentiment des Gouvernements qui sont trop peu contraignant avec les grandes entreprises. Imaginez le nombre de milliards qui sont ainsi écartés de notre trésor à tous, il s’agit indiscutablement d’abus faramineux. Or, pendant ce temps MM Charest et Bachand tentent de faire passer les étudiants pour les pires abuseurs en leur imposant une mesure qui rapportera tout au plus 180 millions dans nos coffres. On est bien loin du compte des grandes banques.

Des universités sous-financées

Le sous-financement est lui aussi discutable. D’ailleurs M. Charest est en contradiction sur ce sujet. Il nous laisse entendre que les frais de scolarité trop bas causent le sous-financement des universités québécoises. Par contre, il a affirmé en point de presse la semaine dernière que le Québec est l’endroit au Canada où l’on paie déjà le montant le plus élevé per capita pour soutenir le système d’éducation. Il y a là un problème si l’argent est dépensé mais qu’elle ne se rend pas aux universités elle doit bien se perdre quelque part. Les associations qui représentent les étudiants ne demandent même pas de nouveaux investissements dans les universités, elles soutiennent que le simple fait d’enrayer la mauvaise gestion suffirait amplement à assurer la pérennité de notre système d’éducation.

Le syndrome du iPad

Combien de fois ai-je entendu que les étudiants sont capables de se payer des équipements électroniques dernier cri et des voitures sports et que cela justifie une hausse des frais de scolarité. Il est vrai que l’on vit à une époque où la consommation ne se fait pas toujours de la façon la plus responsable. Les jeunes ont accès très facilement au crédit et certains d’entre eux (il ne faut pas généraliser) n’hésitent pas à dépenser sans compter pour se procurer les plus récents gadgets sur le marché. Cependant, il est très important de faire la part des choses, ce n’est pas parce que certains étudiants sont en mesure de se procurer des produits de luxe, qu’il est justifié d’en soutirer davantage à ceux qui sont parmi les moins favorisés. Certes, la surconsommation chez les jeunes est un problème mais il faudrait s’y attaquer de la bonne façon, limiter l’accès au crédit serait un très bon début. @R :Les étudiants livrent une bataille importante et pas uniquement pour le milieu de l’éducation. Ils proposent des solutions qui amélioreraient le sort de l’ensemble de la classe moyenne et rétabliraient légèrement l’équité sociale. Prenons-les comme exemples, soutenons-les et unissons-nous à eux pour le bien-être de tous!

Alexandre Côté, résidant de Beaupré et ex-étudiant

 

L'Autre Voix, membre du Groupe Québec Hebdo

Organisations: Gouvernement Charest, UQAM, Québec Hebdo

Lieux géographiques: Québec, Canada, Beaupré

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