Selon le site internet de l’Association des conducteurs de chiens de sang du Québec (ACCSQ), ce type de chien est éduqué pour pister les gros gibiers blessés. Il est spécialisé pour suivre la piste d’un gibier dégageant une odeur de blessure. Daniel Parent, vice-président de l’ACCSQ, indique que plusieurs races de chiens peuvent faire l’affaire, en autant qu’ils aient du nez, de la persévérance et de l’intelligence. Un teckel, un labrador ou un rouge de Hanovre peuvent faire l’affaire.
L’ACCSQ compte de 70 à 80 conducteurs au Québec, selon M. Parent. Ce résident de la Côte-de-Beaupré explique que les chasseurs peuvent faire appel à un conducteur pour les aider à retrouver un gibier blessé dont ils ont perdu la trace. «La chasse aux gros gibiers [orignal, ours, chevreuil] se fait beaucoup à l’arbalète et à l’arc, précise-t-il. Il y a beaucoup de blessés en forêt que l’on ne retrouve pas.» En fait, 80 % des recherches que font les conducteurs sont pour des gibiers blessés par flèche. À la carabine, les bêtes meurent plus rapidement et sont plus faciles à retrouver.
Ces conducteurs sont des bénévoles passionnés par la chasse. Et leurs services semblent appréciés puisque l’ACCSQ, fondée en 2008, reçoit des centaines d’appels par année. «La demande est très forte, on manque de monde», remarque M. Parent. Il estime le taux de réussite entre 35 % et 40 %.
Meilleure gestion des cheptelsLe recours à un chien de sang permet notamment de mieux gérer les cheptels et de diminuer le braconnage. Un chasseur n’a pas le droit de tuer plus qu’un orignal par année. M. Parent donne en exemple un chasseur ayant tiré sur quatre orignaux dont il a perdu les traces sans savoir s’ils étaient morts. Cette personne finit par tuer plusieurs bêtes alors qu’il n’avait droit qu’à une, explique M. Parent.
La Fédération québécoise des chasseurs et des pêcheurs (FQCP) encourage ses membres à utiliser les chiens de sang. Non seulement ces chiens permettent un plus grand respect des quotas établis, mais ils permettent aussi «une récolte rapide du gibier et donc une récolte de viande dans les meilleures conditions possibles», explique Marjorie Alain, responsable des relations publiques à la FQCP.
FormationL’ACCSQ offre également une formation qui montre comment entraîner les chiens. Idéalement, l’entraînement doit commencer alors qu’ils ne sont encore que des chiots. Les entraîneurs les habituent alors à l’odeur du gibier et à suivre une trace de sang, qui peut être très subtile.
Cette formation comprend entre autres des cours de balistique pour savoir où tirer et, selon l’endroit atteint, combien de temps attendre avant que la bête ne décède. Pour davantage d’information, visiter le www.accsq.com.
L'Autre Voix, membre du Groupe Québec Hebdo

