Des perdrix bien élevées

Publié le 26 mars 2012

La perdrix, vous connaissez ? Bien sûr que oui. Qui n'a pas failli faire une syncope en marchant sur un de ces oiseaux en forêt ? Mais saviez-vous qu'il existe des éleveurs de perdrix ? Et oui, quelques dizaines au Québec, dont Denis Lavoie du Domaine de Lavoye à Sainte-Famille de l'Île d'Orléans. Je me suis rendu chez lui pour découvrir son élevage hors de l’ordinaire. Par Robin Lefrançois

Je sens déjà la passion lorsque l’éleveur commence à me parler de sa ferme, acquise en 2000. «C'est à la base un projet de retraite pour ma conjointe et moi», annonce M. Lavoie. Le couple cultivait déjà des fraises quand ils ont décidé d’acheter quelques perdrix en 2006. L’idée est venue en constatant qu'il n'y en avait aucune en liberté sur l'Île. Le succès a été rapidement au rendez-vous si bien que M. Lavoie a dû prendre une année sabbatique pour s'occuper de l’élevage et améliorer ses installations. Heureusement, il n’est pas seul dans l’aventure : sa conjointe, Hélène Bourassa, et leurs quatre filles, Alexandra, Amélie, Marie-Anne et Florence participent activement. Il peut aussi compter sur l’aide précieuse de ses parents et d’un ami de la famille.

Une clientèle variée

J’avais bien remarqué un drôle d’enclos en arrivant. C’est la volière qu’on utilise en été pour l'entraînement au vol d’une partie des perdrix. Celles-ci seront vendues comme gibier, pour les concours de chasse ou à des pourvoiries. Vaut mieux qu'elles sachent voler... Mais la majeure partie de la production, qui pourrait atteindre les 4000 oiseaux cette année, viendra agrémenter le menu des restaurants 5 étoiles de la région. Ces dernières, n’ont pas besoin d’entraînement, il suffit qu’elles soient tendres et bien dodues ! Par ailleurs, la clientèle locale pourra se procurer des perdrix congelées dès le mois de juin à la ferme. On y offre aussi des œufs, plus petits que ceux des poules mais plus savoureux. La majorité des œufs sera toutefois conservée pour assurer le renouvellement de l’élevage.

Aux oiseaux !

Monsieur Lavoie m’explique que l'espèce élevée ici n’est pas indigène au Québec, contrairement à la Gélinotte huppée. Il s'agit de la Bartavelle. C’est un oiseau très nerveux, ce qui rend son élevage délicat. Il faut donc éviter le bruit et les mouvements brusques. Je pourrai tout de même m’installer dans un enclos avec des perdreaux de cinq semaines pour une séance photo bien au chaud. Super, elles m’ont adopté ! Je m’attarde ensuite à l’incubateur où on garde les oeufs durant 24 jours, jusqu’à l’éclosion. Il y avait justement une couvée à l’incubateur et, pendant ma visite, quelques poussins ont quitté leur coquille. Les poussins seront placés ensuite dans des enclos où règne une température constante de 35 degrés. C’est primordial. Pour leur croissance, elles seront nourries avec une recette spéciale de moulée jusqu’à ce qu’elles soient adultes et prêtes pour la consommation. Une affaire de 150 jours depuis l’éclosion. Ça ne fait pas une vie bien longue, 150 jours… mais c’est tout de même 150 jours à se faire dorloter.

Avant de quitter la ferme, monsieur Lavoie me confie que la meilleure façon de cuire la perdrix est de la désosser et de la faire dorer dans du beurre et de l’huile avant de la cuire au four 7- 8 minutes, pas plus. Il me refile aussi des œufs qui ont été succulents !

Le Domaine de Lavoye est situé au 3116 Chemin Royal à Ste-Famille

www.domainedelavoye.com 829-0558