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Un père de trois enfants frôle la quadriplégie


Publié le 12 avril 2017

Steve Ferland a dû passer plusieurs jours en réadaptation afin de retrouver l'usage de ses jambes, ses bras et son cou.

©(Photo gracieuseté)

SANTÉ. La vie de Steve Ferland a basculé le 6 septembre dernier, lors d'un match de baseball. Sa cinquième vertèbre a éclaté à la suite d'un violent impact à la tête, faisant peser sur lui la menace de la paralysie des bras et des jambes.

Père de trois enfants et grand sportif, Steve Ferland s'adonnait le soir du 6 septembre à une partie de baseball. Il a voulu plonger pour se rendre au deuxième but, un mouvement qu'il a dû le faire plus de 200 fois. Sauf que cette fois-là, sa tête a heurté le tibia de son adversaire. L'impact, brutal, a paralysé ses bras et ses jambes sur le champ. Sa cinquième vertèbre du cou venait d'éclater.

C'est la plus grande peur que j'ai ressenti dans ma vie.

Steve Ferland, porte-parole du défi Kilimanjaro à Québec

De l'accident à la salle d'opération, l'homme était parfaitement conscient de ce qui lui arrivait. «Le premier réflexe lors de l'impact, c'est que j'ai senti que mes bras et mes jambes étaient complètement engourdis, je savais qu'ils étaient paralysés, raconte-t-il. J'ai dit à mes collègues de ne pas me bouger et d'appeler l'ambulance.» Tout de suite après, c'est l'image de sa famille qui lui est venue d'emblée.

«Je me voyais à 35 ans quadriplégiques, se souvient-il. Je n'étais pas prêt à vivre comme ça à 35 ans. J'ai tout de suite pensé à la deuxième solution qui était que les gens allaient me guérir. J'étais en alternance entre ces deux visions-là. C'est la plus grande peur que j'ai eu dans ma vie.»

Le rescapé n'a pas pu s'empêcher d'avoir un sentiment de culpabilité à l'égard de sa conjointe. «J'ai fait ça en faisant du sport. Je trouvais que j'avais hypothéqué ma vie en faisant une activité qui n'était pas nécessairement familiale.» Le fameux sentiment du «j'aurais donc dû…» a fait surface bien malgré lui.

La famille de Steve Ferland et de Karine Soucy
(Photo gracieuseté)

Une famille ébranlée

Si le choc a été grand pour Steve Ferland, il l'a été tout autant pour sa conjointe Karine Soucy, pour qui le quotidien a été bouleversé lors de l'appel téléphonique fatidique. «En une fraction de seconde, ma vie s'est écroulée, lance-t-elle. Quand tu te fais annoncer que ton mari est à l'hôpital, paralysé des jambes et des bras et que sa cinquième vertèbre est éclatée, tu sais que c'est grave.» Elle a dû rapidement se ressaisir, surtout pour ses enfants, une fille et un garçon de 6 et 4 ans respectivement, ainsi que leur plus jeune qui n'avait que deux mois au moment de l'accident.

Le couple de Boischatel a reçu le support de leur famille, un coup de main qui a permis à Karine Soucy de reprendre les choses en main. «J'ai eu beaucoup d'aide pour m'organiser, mais il y avait aussi toujours le volet inquiétude», se rappelle-t-elle. Peu à peu, les bonnes nouvelles ont commencé à affluer et son conjoint reprenait du mieux. «Sa détermination m'a permis d'avoir de la force aussi», soutient la femme.

Steve Ferland accompagné du médecin qui l'a soigné, Jérôme Paquet
(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Sans aucune intervention, Steve Ferland aurait bien pu se retrouver paralysé des jambes et des bras, selon le docteur Jérôme Paquet, neurochirurgien spinal à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus qui a pris en charge Steve Ferland à son arrivée à l'hôpital. Comme le patient avait toujours une légère sensibilité aux bras et aux jambes, le docteur voyait plus grande la chance de réparer cette importante blessure. L'intervention a dû se faire à 360 degrés, c'est-à-dire aussi bien à l'avant au niveau de la gorge qu'à l'arrière. «Il faut qu'on reconstruise la vertèbre à l'avant et par la suite on vient réparer les articulations à l'arrière aussi», explique le médecin.

Après 24 jours à l'hôpital, Steve Ferland a repris peu à peu du poil de la bête. Sa réhabilitation s'est bien déroulée, si bien que sept jours après l'opération, il était capable de se déplacer. «Pour moi, c'était ma montagne à monter», raconte celui qui a accepté d'être porte-parole pour la 7e édition du Kilimandjaro à Québec.

Lors du défi, les équipes sont invitées à monter à 60 reprises les 487 marches du parc de la Chute-Montmorency, l'équivalent du mont Kilimandjaro en Afrique. Steve Ferland, sa conjointe et leurs amis ont bien l'intention de relever le défi. «On est rendu à 110 personnes recrutées», se félicite Mme Soucy.

Le défi sportif le Kilimandjaro à Québec se tiendra le 10 juin prochain. En plus de monter les marches du parc de la Chute-Montmorency, les équipes sont invitées à amasser 1500$ en dons pour la recherche en neurochirurgie au CHU de Québec-Université Laval.