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Les passages à niveau sous surveillance


Publié le 12 septembre 2017

La majorité des passages à niveau de la MRC n'a pas de système de sécurité.

©(Photo TC Media - Prisca Benoit)

TRANSPORT. En améliorant la sécurité autour de la voie ferrée, la MRC de La Côte-de-Beaupré fait un pas de plus vers la mise en place d'un train de banlieue jusqu'à Québec.

Depuis déjà plusieurs années, les élus locaux de la Côte-de-Beaupré rêve d'un train de banlieue qui traverserait le territoire pour se rendre jusqu'au pôle d'Estimauville, à Québec. Or, pour l'instant, le train ne peut pas aller à la vitesse espérée, étant donné que plusieurs passages à niveau ne sont pas sécurisés adéquatement.

«Le train a des obligations gouvernementales de circuler moins rapidement que la vitesse autorisée, parce qu'il n'y a pas de barrières ou de feux de signalement», explique le coordonnateur au transport de Développement Côte-de-Beaupré, Marc-André Avoine. La vitesse à laquelle roule le train de Charlevoix jusqu'à présent est donc trop lente pour qu'il soit utilisé comme transport en commun.

Aucune barrière de sécurité n'arrête les automobilistes lorsque le train de Charlevoix doit traverser les rues.
(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Pour améliorer la vitesse du train, le conseil de la MRC a adopté, lors de sa dernière séance, un plan d'amélioration des passages à niveau, élaboré par Développement Côte-de-Beaupré, le gestionnaire du transport collectif sur le territoire. Le plan recense l'ensemble des passages à niveau de la MRC, aussi bien public que privé, et élabore les étapes à suivre pour améliorer leur sécurité. La MRC s'est aussi engagée à réaliser des demandes de subvention aux fonds provinciaux et fédéraux destinés à l'amélioration des passages à niveau.

En conservant une vitesse qui s'approche plus des 40 miles à l'heure autorisés par les autorités gouvernementales, le train de Charlevoix devient une option de plus en plus intéressante pour se déplacer, selon Marc-André Avoine. «On aurait un gain de 10 à 20 minutes sur le temps alloué entre Sainte-Anne-de-Beaupré et Québec», rapporte-t-il. Il est déjà possible pour les détenteurs d'un laissez-passer mensuel ou métropolitain d'emprunter le train entre Québec et Sainte-Anne-de-Beaupré.

C'est d'abord pour améliorer la sécurité des citoyens que le plan d'amélioration a été créé, selon le directeur général de Développement Côte-de-Beaupré, Bernard Paré. «L'amélioration de la vitesse fait partie des avantages collatéraux lorsqu'on travaille sur la sécurité», croit-il. D'ailleurs, en 2016, une automobiliste avait été percutée par le train de Charlevoix au passage à niveau de la côte de l'Église, à Boischatel. L'impact a été violent, mais la conductrice n'a pas subi de blessures graves. Les feux clignotants et l'avertisseur sonore étaient en fonction, mais aucune barrière de sécurité n'était installée à cette hauteur.

Réduire les nuisances

Le train ne doit pas juste réduire sa vitesse lorsqu'il traverse un passage à niveau, il doit aussi donner plusieurs coups de sifflet, plus que si les passages à niveau avaient des barrières et un signalement sonore. Avec trois aller-retour entre Québec et Charlevoix en été, on compte donc six moments dans la journée où les trains doivent signaler leur présence.

La situation est même devenue un enjeu politique dans certaines villes. C'est notamment le cas à Château-Richer, la municipalité qui compte le plus de passages à niveau sur le territoire. «On s'en fait beaucoup parler, c'est vraiment un enjeu qui préoccupe la population», constate le maire de Château-Richer, Frédéric Dancause. La situation est particulièrement problématique à la rue Dick, qui est l'entrée du noyau villageois.

Les traverses n'ont qu'une mince signalisation, ce qui peut confondre quelques automobilistes étourdis.
(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Travaux dès l'an prochain

Pour l'instant, dix passages à niveau ont été sélectionnés pour le plan d'action des trois prochaines années. Le plan commence à Sainte-Anne-de-Beaupré en 2018, aux rues Gagnon, Caron et de la Visitation, où on veut ajouter des barrières de sécurité et installer de nouveaux feux clignotants. Les rues Lemoine, Dick et Huot à Château-Richer ont été identifiées pour 2019, également pour l'ajout de barrières. Finalement, le passage piétonnier de Boischatel, la côte Dufournel à L'Ange-Gardien, la rue Sainte-Marguerite à Beaupré et la rue de l'Église de Saint-Joachim auront aussi droit à de nouvelles installations en 2020. À terme, c'est l'ensemble des passages à niveau que la MRC aimerait sécuriser. Celui de la côte de l'Église à Boischatel est toujours en réfection en raison des travaux de réaménagement de l'artère.