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Le Bloc québécois demande à Harper de tenir sa promesse sur l'avortement

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 novembre 2008 à 0:00
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OTTAWA - Le Bloc québécois veut que le premier ministre Stephen Harper inscrive dans le discours du Trône de mercredi sa promesse électorale de ne pas rouvrir le débat sur l'avortement, mais il semble fort peu probable que ce souhait soit exaucé puisque les conservateurs entendent se concentrer à peu près exclusivement sur l'économie.
Les députées québécoises Nicole Demers et Johanne Deschamps se sont dites "très inquiètes" lundi de l'adoption par les militants du parti conservateur d'une résolution qui proposait de considérer le foetus comme une victime à part entière en cas d'agression contre sa mère.
A leur avis, la mise en oeuvre de ce principe équivaudrait à accorder un droit à l'enfant à naître et constituerait une victoire importante pour le mouvement pro-vie, qui s'oppose au libre choix en matière d'avortement.
M. Harper et les membres de son gouvernement ont indiqué à plusieurs reprises qu'ils ne se sentiraient pas liées par les propositions adoptées pendant le congrès du week-end dernier.
Le premier ministre a par ailleurs assuré plus d'une fois qu'il n'avait aucunement l'intention de revenir sur la question des interruptions volontaires de grossesse.
Cela n'est toutefois pas suffisant aux yeux des bloquistes qui refusent de laisser carte blanche aux conservateurs dans un dossier aussi controversé et aussi fondamental pour les femmes.
"On a vu dans le passé que M. Harper disait être un homme de parole. Que quand il prenait un engagement, il respectait cet engagement-là. Alors, si l'engagement est écrit, il devrait le respecter d'autant plus", a insisté Mme Demers, lors d'un point de presse à Ottawa.
En plus du droit à l'avortement, le Bloc dit vouloir défendre le principe de l'équité salariale, lui aussi mis à mal par les militants conservateurs, qui ont modifié le programme du parti et proclamé le droit des femmes à un salaire égal pour un travail égal, plutôt que pour un travail équivalent.
Si l'on en croit le lieutenant de M. Harper au Québec, Christian Paradis, les chances que ces enjeux soient abordés dans le discours du Trône de cette semaine sont cependant très minces.
"Le restant de la planète parle d'économie. Je pense qu'on doit parler d'économie. C'est sur ça qu'on a été élus. Les Canadiens veulent qu'on bouge à ce niveau-là. Il y a une incertitude économique qui plane à l'horizon", a-t-il fait valoir en entrevue à La Presse Canadienne.
M. Paradis a qualifié les demandes des députés du Bloc de "perte de temps" et de débat inutile sur une question réglée depuis longtemps.
Il a répété qu'un projet de loi protégeant les femmes enceintes serait déposé par le gouvernement et que le texte ne créerait pas d'ambiguité sur le statut du foetus.
"Le Bloc est maintenant seul à parler d'avortement. On ne parle pas d'avortement. Il n'y a personne qui parle d'avortement ici. C'est déplorable ce qu'ils font. Sincèrement, c'est irresponsable et ce n'est pas à ça que les Canadiens s'attendent présentement", a-t-il ajouté.
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