Silvain Carpentier, entouré de son équipe de démonteurs de nuit peu de temps avant que ne commence leur longue nuit de travail.
Les travailleurs de l’ombre
GRANDS FEUX LOTO-QUÉBEC
Alors que tous les spectateurs retournent à leur domicile après un spectacle pyrotechnique magique, l’équipe de démonteurs menée par Silvain Carpentier, de L’Ange-Gardien, s’apprête à amorcer une longue nuit de travail. Jusqu'à l’aube, ils doivent s’assurer que tout ait été nettoyé et qu’il ne reste plus de traces d’explosifs.
Lorsque L'Autre Voix a rencontré l’équipe de 11 démonteurs de nuit après la grande finale des Grands Feux, le 6 août, leur travail s’annonçait plus imposant que lors des nuits suivant les prestations normales. Puisqu’il s’agissait du dernier spectacle de l’événement, il y avait un ménage presque complet à faire dans toutes les rampes de lancement du site. Ainsi, des dizaines de mètres de fils, des milliers de tuyaux et tout plein de débris devaient disparaître de ces enclos de bois, qui disparaîtront eux aussi plus tard.
En temps normal, l’équipe doit préparer les rampes afin que les artificiers qui préparent le prochain spectacle puissent y installer les pièces pyrotechniques, ce qui nécessite environ sept heures de travail. Par contre, pour le grand ménage, Silvain Carpentier prévoyait que ses hommes et lui, qui ont débuté une trentaine de minutes après le spectacle, devraient avoir complété leur imposante tâche aux alentours de 8 h, le lendemain matin.
«Ça va être dur cette nuit, mais on essaie d’en faire une partie de plaisir», raconte celui qui possède une expérience d’une dizaine d’années dans ce domaine et qui est bien au fait des aléas de ce travail.
L’esprit d’une équipe
Après avoir profité de la prestation pyromusicale, le groupe se donne rendez-vous au quartier général installé au fond du stationnement du Théâtre de la Dame blanche et entreprend sa préparation pour ces longues heures de besogne. En cette soirée de dernière, Silvain Carpentier se charge de rappeler à ses troupiers que la récompense viendra le matin venu et, surtout, une fois la tâche complétée. C’est qu’à chaque année, Silvain Carpentier leur amène une bouteille de vin mousseux et célèbre avec son équipe la fin des Grands Feux. Une tradition pour le moins originale vient également mettre un terme à leur saison de feux d’artifices.
«À chaque année, je me trouve un casquette laide que nous brûlons à la fin», indique le responsable des démonteurs de nuit depuis le début des années 2000.
L’expérience du 3 juillet
L’expérience de l’équipe de Silvain Carpentier, qui a assisté à toutes les soirées de Grands Feux depuis 10 ans, a aussi servi lors du spectacle pyrotechnique qui culminait la journée du 3 juillet, date du 400e anniversaire de la ville de Québec.
Les démonteurs ont ainsi eu à ramasser les résidus du plus gros feu d’artifices à avoir été présenté au Canada et assurément le plus gros qu’ils ont eu à nettoyer. Le nettoyage de barges qui servaient de rampes de lancement, qui a débuté à 2 h du matin, s’est étendu jusqu’à 14 h le lendemain.
(Photo: Marc-Antoine Gariépy)