La MRC de La Côte-de-Beaupré prend le virage du développement durable

Projet d'aménagement du territoire unique au Québec


Publié le 28 septembre 2010
Pierre Lefrançois reçoit le chèque des mains de Michel Morin, en présence des maires de Saint-Tite-des-Caps, Pierre Dion, de Beaupré, Michel Paré, et de Boischatel, Yves Germain, ainsi que de Valérie Savard, adjointe parlementaire de Michel Guimond. (Photo: Marc Cochrane)

Les élus de la Municipalité régionale de comté (MRC) de La Côte-de-Beaupré veulent jouer aux leaders au Québec en matière de développement et d’aménagement de territoire. Ils abordent le virage du développement durable grâce à une contribution de 287 500 $ du Fonds municipal vert (FMV) de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), une première du genre dans la province.

En conférence de presse, ce matin, au Manoir Montmorency, le préfet de la MRC de La Côte-de-Beaupré et maire de L’Ange-Gardien, Pierre Lefrançois, a présenté les grandes du projet. «Nous souhaitons passer dans le peloton de tête au palmarès des initiatives de développement et d’aménagement du territoire. D’incroyables opportunités s’offrent à nous et ce projet favorisera la mise en commun de nos efforts», déclare-t-il.

Les membres de la MRC de La Côte-de-Beaupré ont d’amorcé une réflexion visant une meilleure planification pour éviter de reproduire certaines erreurs. La semaine dernière, ils ont uni leur voix au lancement de la démarche de préservation des paysages de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix et Charlevoix-Est (Notrepanorama.com).

«Il importe pour nous de regarder en avant, de faire équipe, d’unir nos forces locales et de développer une fierté régionale visant l’amélioration du bien commun et de la qualité de vie. Nous souhaitons arrimer nos efforts en aménagement et en développement à ceux de nos voisines, la Ville de Québec et la région de Charlevoix. Les décisions à la pièce ne sont plus une option», précise le préfet.

Éviter les dédoublements

Pour préparer son plan, la MRC s’inspirera des principes émis par l’Agenda 21 local et The Natural Step, les deux approches les plus connues en la matière. Elle constituera la première au Québec à réaliser cette approche dont l’objectif est d’éviter le dédoublement des documents de planification et d’assurer une application concrète des principes du développement durable. Cet exercice pourra servir de modèle à d’autres MRC.

La première étape consiste à développer une vision d’avenir à partir des connaissances acquises à l’aide d’un processus de consultation publique. Un Plan de communication sera élaboré dès le départ pour identifier la meilleure approche à adopter.

Mieux cohérer les actions

Cette vision pourra s’appliquer à tout ce qui sera imaginé et mis en branle sur le territoire, que ce soit la revitalisation du parc industriel de Beaupré, la protection de la ressource en eau, l'amélioration du boulevard Sainte-Anne, les accès au fleuve, la mise en valeur du fleuve, la protection du territoire agricole, la promotion de l’agrotourisme ou encore l’organisation du développement commercial et résidentiel.

«Ce plan de développement durable favorisera une meilleure cohérence dans toutes nos actions, jusqu’au schéma d’aménagement, avec une incidence dans toutes les facettes de la MRC. Notre mode de gouvernance devient participatif, plus inclusif, basé sur la communication», insiste le préfet.

Des défis

Pierre Lefrançois estime que la révision du schéma d'aménagement, basée sur le développement durable permettre de créer des emplois et surtout, récupérer les 340 perdus lors de la fermeture de l'usine AbitibiBowater, à Beaupré.

La MRC souhaite aussi par ce virage améliorer son offre touristique. «Nous avons de beaux défis à relever, car il s'agit d'une démarche à long terme (25 ans). Il faut voir au-delà de la vie d'un politicien municipal qui, parfois, se limite à quatre ans», soutient le préfet.

Un partenaire majeur

La MRC de La Côte-de-Beaupré compte sur une contribution technique et financière majeure dans ce projet.

«Le FMV de la FCM offre tout un éventail de ressources et de services conçus expressément pour répondre aux besoins des gouvernements municipaux en matière de développement durable, précise le maire de Rivière-du-Loup et membre du conseil d’administration de la FCM, Michel Morin. Le FMV de la FCM contribue à 50 % des coûts totaux estimés à 575 000 $. Ce montant ne comprend pas la totalité des ressources humaines et matérielles estimées par la MRC.

Quelques étapes du plan

• Activités de communication auprès des élus, des employés municipaux, de la population et des acteurs clés tout au long du processus (portail Internet interactif, comités sectoriels et multisectoriels, rencontres, sondages, etc.)

• Diagnostic approfondi (constats, forces, faiblesses, défis, enjeux) • Vision d’avenir du territoire d’un horizon minimum de 25 ans

• Documents de planification teintés par la Loi sur le développement durable :

• Planification stratégique (orientations, objectifs, actions, mécanismes de suivi pour évaluer notre performance et s’améliorer au fur et à mesure) • Schéma d’aménagement répondant aux exigences de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme

• Autres documents de planification / transmission au niveau municipal pour alimenter la réflexion et la révision des outils de gestion et de réglementation à l’échelle locale

Portrait de la MRC

• Un territoire de 4 974 km²

• Neuf municipalités

• Deux territoires non organisés (TNO)

• Près de 60 km de littoral

• Une population de 25 175 habitants

• Environ 4000 nouveaux ménages sont attendus dans les 15 prochaines années

• Croissance de 35 % de la population pour la période 2006-2031 soit la plus élevée de la région de la Capitale-Nationale et la septième à l’échelle du Québec

Économie

• Plus de deux millions de visiteurs annuellement

• Un milieu agricole qui se diversifie et se spécialise

• Des attraits majeurs : le Mont Sainte-Anne, la Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, la Réserve nationale de faune du cap Tourmente, le Canyon Sainte-Anne, les paysages (montagnes, fleuves, forêts, terres agricoles)

• Des emplois répartis dans quatre principaux secteurs d’activités (fabrication, commerce de gros et de détail, hébergement et restauration, arts, spectacles et loisirs)

• Le taux de prestation de l’assurance-emploi (6,5 %) est plus élevé que dans la région de la Capitale-Nationale (3,9 %).

• Les municipalités de l’est (Sainte-Anne-de-Beaupré, Beaupré, Saint-Joachim, Saint-Tite-des-Caps) ont des taux d’emploi et d’activité sous la moyenne de la région de la Capitale-Nationale et un taux de chômage plus élevé.

• Un taux d’occupation des chambres qui a passé de 36,8 % en 2008 à 29,5 % en 2009.

• Une baisse de 35 % des nuitées liées au tourisme de congrès entre 2000 et 2008.

(Source : MRC de La Côte-de-Beaupré, l’Institut de la Statistique du Québec; Perspectives démographiques des MRC du Québec, 2006-2031, Institut de la Statistique du Québec)